La faiblesse du trading met les courtiers interbancaires sous pression
Icap mange son pain noir. Le courtier interbancaire continue d’être affecté par l’évolution du cadre réglementaire qui détourne sa clientèle phare - des banques d’investissement - des activités de trading les plus risquées. Les revenus du groupe britannique ont reculé de 14% (à taux de change constants) sur un an au titre du premier trimestre clos le 15 juillet.
Le courtage à la voix, qui représente désormais moins de 30% des profits du groupe, reste touché «par une combinaison de facteurs à la fois structurels et cycliques, incluant le deleveraging des banques, le maintien de l’incertitude réglementaire, ainsi qu’une absence de volatilité sur les taux et les changes», a commenté Icap dans un communiqué. Les revenus tirés de cette activité ont baissé de 19%.
«Ces facteurs constituent un frein majeur pour les activités de trading comme le montre le déclin prolongé des revenus FICC (fixed income, changes, devises) des principales banques d’investissement», a poursuivi Icap. La plate-forme de trading obligataire électronique BrokerTec et la plate-forme de trading de devises EBS n’ont pas été épargnées, avec un repli des volumes traités quotidiennement de 10% en moyenne, à 707 milliards de dollars. Il y a un an, ces volumes avaient été stimulés par les attentes autour de l’évolution du programme d’assouplissement quantitatif de la Fed (pour BrokerTec) et les inflexions de la politique monétaire japonaise (pour EBS).
«Les conditions sont encore très difficiles et nous continuons à atténuer ces difficultés en accroissant la flexibilité de notre modèle opérationnel, en cernant nos priorités et en dégageant des économies de coût», a expliqué le PDG du groupe, Michael Spencer. Icap, en concurrence avec Tullett Prebon, BGC Partners, GFI Group et le suisse Tradition, se dit en ordre de marche pour générer au moins 60 millions de livres d’économies sur l’exercice en cours.
Cet effort s’accompagne d’un repositionnement stratégique sur le courtage électronique et les services de gestion du risque et d’information post-trade qui représentent désormais les deux tiers du résultat opérationnel. Signe de l’évolution du modèle et des besoins des clients dans un nouvel environnement réglementaire, les services post-trade ont connu une croissance à deux chiffres au premier trimestre.
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