La facture du Libor dépasse déjà 2 milliards
La facture ne cesse de s’alourdir pour les banques impliquées dans le scandale de la manipulation du Libor, le taux de référence de la Place de Londres. Selon le Wall Street Journal et le Financial Times, RBS serait prête à payer environ 500 millions de livres (585 millions d’euros) aux autorités américaines et britanniques. Mais les premières chercheraient en outre à obtenir que l’une des filiales de RBS reconnaisse sa responsabilité pénale devant la justice américaine – une perspective qui a fait chuter l’action de 6% hier, à 345,8 pence.
De son côté, la Financial Services Authority (FSA) britannique n’entend pas poursuivre pénalement RBS, détenue à 82% par l’Etat, indique le Wall Street Journal. Mais une filiale de RBS en Asie, où une partie des fraudes sur le Libor a eu lieu, serait dans le collimateur de procureurs américains. Un «plaider coupable» devant un tribunal américain aurait des conséquences financières autrement plus lourdes pour RBS que l’arrangement qui semble se dessiner actuellement. Il ouvrirait en effet la voie à des poursuites devant les tribunaux de la part d’acteurs s’estimant lésés.
Une filiale d’UBS établie au Japon a déjà plaidé coupable de fraude électronique. L’établissement suisse a finalement écopé d’une amende de 1,4 milliard de francs suisses (1,16 milliard d’euros), soit le montant le plus élevé infligé pour l’instant dans cette affaire. Alors que certains craignaient qu’une sanction d’une telle ampleur ne déstabilise UBS, l’absence de conséquences notables aurait galvanisé certains responsables américains pour engager une procédure similaire vis-à-vis de RBS. La culpabilité est aussi un moyen de pression supplémentaire pour obtenir un montant supérieur. Selon le WSJ, un accord pourrait intervenir au cours des deux prochaines semaines.
Si elle parvenait à un accord, RBS serait la troisième banque à payer une amende pour s’éviter de longues, coûteuses et très risquées procédures, face à des autorités chauffées à blanc par leur opinion publique. L’année dernière, avant UBS, Barclays avait accepté de régler 290 millions de livres (335 millions d’euros) aux autorités britanniques et américaines. La facture totale, déjà partie pour dépasser les 2 milliards d’euros, pourrait encore s’alourdir, puisqu’une douzaine d’autres établissements font l’objet d’enquêtes ou de demandes d’information. Selon des sources citées par le quotidien américain, ils chercheraient à élaborer un plan de résolution généralisé à présenter aux autorités.
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