La dette mezzanine attire à nouveau l’appétit des professionnels du LBO
Assiste-t-on à un retour de la dette mezzanine dans le financement des LBO? Les tensions sur les marchés financiers depuis l’été ont douché les espoirs des professionnels du capital-investissement de lever un complément de dette à haut rendement (ou high yield) pour monter la partie junior (dont le remboursement est subordonné à celui d’un prêt bancaire) de leurs opérations.
Depuis quelques temps, on voit logiquement réapparaître du financement mezzanine, apporté en général par des fonds spécialisés. Ces financements sont pourtant nettement plus onéreux que le high yield – supérieur à 800 points de base au-dessus du taux de référence, contre 400-500 pb pour les obligations à haut rendement à l’époque où ce marché était ouvert. Mais son avantage, en plus d’être disponible (les fonds ayant encore de l’argent à investir), est qu’elle peut être mise en place pour de petits montants limités, contrairement au high yield, qui exige en général une émission d’au minimum 100 voire 200 millions d’euros.
Sur le seul marché français, le LBO sur Moria (d’une valeur totale de 109 millions d’euros) a ainsi bénéficié d’une tranche de 12 millions d’euros de mezzanine, apportée par Indigo Capital. Idem dans le cas de SVP, pour un montant inconnu. Sur Photonis, opération d’un montant supérieur à 500 millions d’euros, la tranche de dette junior représente 50 millions d’euros. Selon l’étude du family office Rothstein Kass publiée en juin dernier, 70% des professionnels des fonds de capital-investissement interrogés envisagent de recourir à ce type de financement pour leurs prochaines transactions.
Cet appétit attire évidemment les sociétés de gestion à lever des véhicules d’investissement spécialisés dans cette classe d’actif. Le géant américain du private equity KKR a ainsi levé plus d’un milliard de dollars pour son premier fonds mezzanine, baptisé KKR Mezzanine Partners I. Son compatriote – non moins géant – Blackstone a effectué le premier closing de GSO Capital Opportunities Fund II, pour lequel il vise trois milliards de dollars, tandis qu’ICG Europe a commencé à faire le tour des investisseurs pour ICG Europe Fund V et espère collecter deux milliards d’euros.
Cet intérêt ne se limite pas à l’Europe ou aux Etats-Unis. Le courtier chinois Citic Securities a ainsi déjà collecté 3 milliards de yuans pour son premier fonds mezzanine; son objectif final est fixé à 5 milliards de yuans (550 millions d’euros).
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