La cure d’amaigrissement des banques d’investissement menace la liquidité
Le constat est sans appel. Alors que la plupart des grandes banques d’investissement ont déjà commencé à réduire significativement l’étendue de leur activité, elles devront encore poursuivre leur effort à hauteur de 10% à 15% dans les deux prochaines années, selon une l'étude annuelle du cabinet Oliver Wyman et de Morgan Stanley, publiée jeudi. Or, cette évolution, due à une réglementation renforcée, serait alors de nature à réduire un peu plus la liquidité sur les marchés obligataires, ce dont s’est justement inquiétée ce mercredi la Banque des règlements internationaux (BRI).
Selon l'étude, les banques ont déjà réduit de 20% la taille de leur bilan depuis 2010 pour tenir compte d’une réglementation de plus en plus sévère en termes de coût en capital. Cette baisse s’est ainsi traduite en parallèle par une chute de 40% des actifs pondérés du risque (RWA). «Pour les banques, la réduction des retours sur investissement sur l’activité de tenue de marché exige, pour atteindre des rendements de 10% à 12%, une efficacité encore plus élevée, de la dextérité et des effets d’échelle», souligne ainsi l’étude.
Sur le continent européen, cette réduction de la voilure tournerait autour de 14%, et culminerait à 40% chez Royal Bank of Scotland. Elle s’établirait à 19% pour UBS, 18% pour Barclays et 10% pour Deutsche Bank.
Principale conséquence de cette baisse d’activité, la liquidité des marchés se trouverait un peu plus menacée. «La régulation financière et l’assouplissement quantitatif [des banques centrales] sont au cœur du transfert du risque de liquidité considérable des banques vers le ‘sell side’, qui est une inquiétude croissante des décideurs», constatent déjà Oliver Wyman et Morgan Stanley. L’étude s’alarme en particulier de l’impact de cette évolution «loin d’être terminée» sur les marchés du crédit et en Europe.
Ces inquiétudes font écho au dernier rapport trimestriel de la BRI, publié ce mercredi. «Nous avons relevé des signes de fragilité croissante et de divergence concernant les conditions de liquidité à travers différents marchés obligataires. La tenue de marché se concentre sur les titres les plus liquides et se détériorent sur les moins liquides», note l’institution. Depuis 2007, la part des titres dont le volume d’échange annuel représente au moins la moitié des titres en circulation a par exemple chuté de 20% à 5% sur le marché du crédit américain.
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