La contre-performance des marchés de taux est historique
Les marchés de taux américains sont en passe de réaliser l’un des pires débuts d’année de l’histoire. Les stratégistes de Deutsche Bank relèvent que la performance totale des Treasuries à 10 ans sur les deux premiers mois de l’année n’a été plus mauvaises qu’à deux reprises : en 1980 et en 2009. S’ils continuent au rythme actuel, ce qui est probable car le Congrès américain devrait adopter le vaste plan de soutien de Joe Biden, ce sera l’un des pires premiers trimestres. Après avoir grimpé de 15 points de base (pb) en janvier, le taux 10 ans a pris 34 pb en février et déjà 16 pb en une semaine en mars. Il est revenu hier non loin des plus hauts de la fin de semaine passée (1,62%). Deux adjudications de Treasuries et la publication des chiffres de l’inflation aux Etats-Unis pour février pourraient accentuer la correction.
De nombreux stratégistes taux ont revu leurs anticipations pour le 10 ans américain à 1,9%-2% en fin d’année. Le marché cherche désormais à tester la Fed qui laisse pour le moment la hausse se poursuivre. Le marché de taux américain n’est pas le seul à avoir souffert dans ce mouvement de reflation. «Le mouvement sur les taux en février a rappelé le côté obscur de la duration, relèvent les stratégistes de Bank of America. De nombreux segments des marchés de taux affichent des baisses dignes des actions comme jamais auparavant ». Les Gilts à plus de 25 ans ont baissé de 14% depuis mi-décembre, les obligations souveraines du Canada à long terme de 12%, note BoA. L’emprunt à 100 ans émis par l’Autriche a lui chuté de plus de 25%.
{"title":"","image":"235218»,"legend":"","credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Les émissions d’obligations d’entreprises signent un premier semestre exceptionnel
Le marché primaire corporate euro a enregistré un semestre record à 285 milliards d’euros, porté notamment par les sociétés américaines, dont les hyperscalers, et soutenu par la forte demande des investisseurs. Et ce malgré le conflit en Iran. -
Le marché primaire des dettes financières résiste malgré les tensions géopolitiques
Les émissions en euros 2026 ont dépassé celles de 2025 malgré la guerre en Iran, mais avec de fortes disparités selon les segments liées notamment à de moindres besoins en dettes subordonnées. Ce qui devrait limiter la possibilité de battre des records d’ici à fin décembre. -
«Pour assister à un krach sur le crédit, il faudrait un recours bien plus important au levier»
Julien Houdain, responsable de la gestion obligataire chez Schroders.
ETF à la Une
Amundi lance un ETF sur les actions monde
- BNP Paribas et Caceis veulent sortir du métier des services aux émetteurs
- Les ambitions d’Air France-KLM sont freinées par des vents contraires
- Apple injecte 30 milliards de dollars dans des puces Broadcom conçues aux Etats-Unis
- Le pétrole repart à la hausse après le regain de tensions au Moyen-Orient
- Aria annonce une levée de fonds complémentaire de 7 millions d'euros
Contenu de nos partenaires
-
Jour J, heure HFin de vie : ultimes vertiges parmi les députés
Alors que « l’aide à mourir » doit être adoptée par un vote solennel ce mercredi, des hésitations se font encore jour au Palais-Bourbon parmi des élus qui ont conscience de vivre un moment d’Histoire -
Encore et encoreEntre l’Iran et Trump, la bataille d’Ormuz repart de plus belle
Echaudé par les attaques iraniennes, le président américain a annoncé l’instauration d’une taxe de 20 % pour le passage du détroit. Avant d’y renoncer sous la pression -
EditorialAide à mourir, la liberté abîmée
Il n’y a pas de liberté véritable si les consciences ne sont pas éclairées par la vérité des faits. Or, à toutes les étapes du débat sur la fin de vie, la vérité aura été maltraitée.