La concurrence s’organise entre plates-formes de change
Quelques grandes banques d’investissement, insatisfaites de la manière dont elles sont traitées par certaines plates-formes électroniques de trading sur les changes, ont décidé de réagir. Elles se sont associées avec la Compagnie Financière Tradition (Tradition), un fournisseur d’infrastructures électroniques de courtage, pour créer traFXpure sur le marché au comptant.
Derrière ce nom barbare se cache un outil qui concurrencera directement Icap et sa plate-forme EBS, qui domine le marché dans le domaine des changes. Plusieurs banques ont formé un consortium d’utilisateurs qui se sont engagés à utiliser traFXpure; s’il n’y a pas d’accord d’exclusivité, un système d’incitations a également été mis en place.
«Les préoccupations principales des banques sont de deux ordres: l’asymétrie d’information et les coûts, explique Daniel Marcus, responsable de la stratégie chez Tradition, à L’Agefi. Notre objectif est que tous les usagers reçoivent la même information au même moment. En outre, la plate-forme communique le nom de la contrepartie ; chaque utilisateur connaît donc son interlocuteur. Enfin, les coûts doivent exclusivement permettre aux utilisateurs de bénéficier de la meilleure technologie. Les banques ont particulièrement insisté pour que les données fournies par la plate-forme soient elles facturées à prix coûtant. En outre, chaque utilisateur paie le même tarif. Ainsi, les banques peuvent rivaliser sur la qualité de leur trading plutôt que sur la technologie».
Parmi les banques membres du consortium, l’on compte Barclays, Deutsche Bank, BNP Paribas, UBS et Royal Bank of Canada. Selon Tradition, les utilisateurs représenteraient près de 50% du marché «dealer-to-dealer». Des discussions sont en cours avec sept autres établissements. «Les banques ont commencé à travailler sur un projet il y a dix-huit mois. Puis elles sont venues nous voir pour le matérialiser en mars», poursuit Daniel Marcus.
Cette création met en lumière les relations parfois compliquées que peuvent entretenir les plates-formes électroniques avec des clients aux intérêts divergents. Selon le Wall Street Journal, les banques d’investissement reprochent notamment à EBS de débaucher leurs traders à haute fréquence, leur faisant ainsi perdre une partie de leur compétitivité.
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