La cession de WFS par LBO France achoppe sur le prix
Après les sorties emblématiques de Medipartenaires, Poult et Labeyrie, LBO France voit le processus de vente de WFS, l’ex-filiale de services aéroportuaires de Vinci, contrarié. Réputée exigeante sur la valeur des actifs qu’elle vend, la société de gestion dirigée par Robert Daussun était en négociations exclusives avec son homologue américain Platinum Equity au mois de juillet. Mais celles-ci ont pris fin, a appris L’Agefi de plusieurs sources concordantes, confirmant les informations de Bloomberg. LBO France, qui a mandaté Sycomore Corporate Finance et ING pour organiser le processus de vente, n’a pas souhaité faire de commentaires.
Platinum Equity (peu actif en France) a tenté d’obtenir une ristourne sur le prix convenu au début des négociations –lequel était de 360 millions d’euros selon une source, soit 8 fois l’Ebitda de WFS en 2013 et 6,1 fois son Ebitda projeté pour 2014. Mal lui en a pris, visiblement.
«Le fait que l’exclusivité des négociations est désormais caduque ne signifie pas que les contacts avec Platinum sont totalement rompus», prévient toutefois un professionnel proche des discussions. Mais, selon nos informations, LBO France et ses conseils sont en train de reprendre langue avec les candidats malheureux du deuxième tour de l’appel d’offres. Parmi eux, le britannique TDR Capital, Qualium et l’américain MidOcean Partners, qui avait déjà échoué à acquérir WFS en 2006. En outre, LBO France n’hésiterait pas à élargir encore le cercle. L’idée est de mélanger fonds et industriels.
Reste à savoir si LBO France parviendra à convaincre les candidats éconduits une première fois de mettre le prix souhaité. Le débat ne porte pas sur la qualité intrinsèque de WFS, qui n’est pas discutée. «Ce type de société exige beaucoup de capex; il ne faut pas raisonner en Ebitda pour en déterminer la valeur, mais en Ebit. Dans ce cas, le prix demandé fait peur», indique un professionnel ayant regardé le dossier.
Par ailleurs, un refinancement obligataire n’est pas exclu dans les mois à venir, afin de profiter des conditions de marché sur le high yield (titres à haut rendement). En cas d’appel d’offre infructueux, ce refinancement pourrait faire office de dividend decap (refinancement dont une partie est reversée aux actionnaires) et permettre à LBO France de se donner du temps.
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