La BPI disposera de 30 milliards d’euros de puissance de feu
Annoncée pour octobre, la Banque publique d’investissement ne sera finalement pas opérationnelle avant la fin de l’année. Mais, en contrepartie, la future institution a gagné en puissance de feu. Hier, à l’issue d’un comité interministériel, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a annoncé qu’elle disposerait d’une capacité d’intervention en prêt et en capital de 30 milliards d’euros. Une somme qui pourra faire levier sur les interventions du secteur privé en co-investissement.
La mission Parent de préfiguration de la BPI avait chiffré à 20 milliards les ressources existantes des différents opérateurs (Oséo, CDC Entreprises, FSI, Ubifrance en régions) sur lesquelles la Banque publique va s’appuyer. Celle-ci disposera d’un «droit de tirage» sur les ressources du Livret de développement durable, dont le plafond doit être relevé.
La réunion d’hier a aussi permis de définir le champ d’action de la BPI. La banque sera consacrée «exclusivement au financement et à l’accompagnement des PME et des entreprises de taille intermédiaire (ETI)», a souligné Jean-Marc Ayrault. Les interventions du FSI en faveur des grandes entreprises resteront donc en dehors du périmètre, selon un schéma qui reste à préciser.
En termes de structure et de gouvernance, l’idée d’un «modèle Crédit Agricole» avec des banques régionales, avancée par certains présidents de régions contre l’avis de Bercy, a fait long feu, comme il fallait s’y attendre. Les régions participeront «pleinement à la gouvernance au plan national - la présidence du conseil d’orientation - comme au plan régional, sur le plan opérationnel», a annoncé le Premier ministre, sans plus de détails, notamment sur une éventuelle entrée en capital. Le rôle des régions sera à nouveau abordé aujourd’hui lors d’une réunion entre les présidents de régions et l’Elysée.
«Les entreprises participeront également aux orientations stratégiques de la BPI», a confirmé le Premier ministre, sans doute au travers de leurs fédérations professionnelles. En revanche, pas un mot n’a été dit sur une représentation des syndicats, évoquée dans le rapport Parent.
Après d’ultimes réunions avec la Caisse des dépôts, le projet de loi créant la Banque publique d’investissement sera présenté en conseil des ministres le 17 octobre.
Plus d'articles du même thème
-
L’Af2i a remis ses prix académiques pour des recherches publiées en 2025
La commission Recherche de l’Association française des investisseurs institutionnels a distingué trois chercheurs pour des travaux qui portent cette année sur des sujets de durabilité. -
Mubadala rassure les gestionnaires d’actifs américains
Mubadala, le fonds souverain d’Abou Dabi, a réaffirmé son engagement à investir aux États-Unis à l’occasion d’une conférence mondiale organisée par le Milken Institute. -
LD Pensions recherche un gérant actions européennes
Le danois LD Pensions a lancé un appel d’offres pour la gestion de ses investissements en actions européennes.
ETF à la Une
La collecte a repris sur le marché européen des ETF en avril
- Un nouveau vent de fronde souffle sur les certificats d’investissement du Crédit Agricole
- La Société Générale tient bon grâce à la banque de détail
- La banque de détail porte les résultats du Crédit Agricole au premier trimestre
- La Société Générale affiche un résultat net trimestriel de 1,7 milliard d'euros
- Le gendarme de l'assurance suspend le courtier Jacques Pilliot
Contenu de nos partenaires
-
Le poids des motsEn s'attaquant à l'« assistanat », Marine Le Pen lisse ses divergences avec Jordan Bardella
En élargissant sa critique de « l’assistanat », marqueur longtemps verrouillé de son discours, Marine Le Pen amorce une redéfinition de son image politique à l’approche de 2027. Un ajustement qui réduit aussi le contraste grandissant avec Jordan Bardella -
Tête baissée« Projet Liberté » de Donald Trump : les risques du passage en force du détroit d'Ormuz
Les escortes américaines de navires commerciaux dans le passage stratégique pourraient bien les exposer encore plus aux tirs des Iraniens -
RadioscopieAudiovisuel public : mauvais rapport, bonnes questions
Aussi contestée soit-elle, la croisade menée par le rapporteur UDR de la commission d’enquête, Charles Alloncle, aura eu un mérite : mettre fin à l’immunité dont jouissaient France Télévisions et Radio France