La Bourse de Paris redevient à la mode pour les groupes de technologies

Malgré les débuts chaotiques de Believe, OVHcloud et Colis Privé visent eux aussi une entrée en Bourse, comme Aramis ou Spartoo. Une affluence que souhaite appuyer Emmanuel Macron.
Capucine Cousin et Olivier Pinaud
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Une dizaine de sociétés de croissance pourraient s’introduire à la Bourse de Paris ces prochaines années.  - 

A un an de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron veut mettre les bouchées doubles dans sa politique en faveur de la «start-up nation». Ce mardi à 17 heures, le président de la République recevra à l’Elysée une centaine de membres du collectif Scale-up Europe. Ils lui remettront un manifeste de soutien aux jeunes entreprises de croissance, dont une partie est réunie sous la bannière de la French Tech.

Ce collectif, initié en mars dernier par Cédric O, le secrétaire d’Etat chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques, et par Mariya Gabriel, commissaire européenne à l’Innovation, devait élaborer des recommandations pour accélérer l’émergence de champions technologiques européens. Les fondateurs des «licornes» Stripe, Klarna, WeFox, Wise, Doctolib, Mirakl et Alan figurent parmi les signataires de ce manifeste.

Création d’emplois et réindustrialisation

Il sera assorti d’un rapport avec une vingtaine de propositions. Dans la foulée, le président fera de nouvelles annonces en faveur du développement de l’écosystème européen des start-up.

Si le détail des propositions du collectif ne sera dévoilé que ce mardi soir, selon nos informations, elles visent à faire du secteur technologique un moteur de création d’emplois et de réindustrialisation. Cela passe par un environnement capable de mobiliser de très grosses levées de fonds aux niveaux français et européen, ce que la France tente d’organiser avec l’initiative des fonds dits Tibi : dans le cadre de celle-ci, 21 investisseurs institutionnels se sont engagés à investir 6 milliards d’euros dans les entreprises technologiques d’ici fin 2022.

«Depuis le début du mandat d’Emmanuel Macron, les levées de fonds continuent de croître. C’est le fait d’une nouvelle génération d’entrepreneurs, mais aussi d’une politique publique ambitieuse depuis 2017», plaide l’entourage du président.

Dans cette optique, l’officialisation lundi du projet d’introduction à la Bourse de Paris d’OVHcloud, le numéro un européen du cloud computing, quelques mois après l’incendie d’un de ses data centers à Strasbourg, constitue «une annonce très importante», poursuit la source de l’Elysée: «cela montre que l’on arrive à faire émerger des entreprises à plus d’un milliard d’euros, et qui choisissent de réaliser leur cotation à Paris». Selon cette source, tabler sur «une dizaine d’introductions en Bourse» de sociétés de croissance est réaliste pour ces prochaines années à Paris. Les noms de Doctolib ou de ManoMano sont fréquemment avancés.

Les candidats à la Bourse se succèdent

Les débuts chaotiques de Believe, première entreprise du Next 40 – club des quarante plus grosses start-up françaises - à tenter l’aventure boursière, n’ont pas refroidi les candidats à une cotation. En plus d’OVHcloud, dont le projet devrait aboutir au second semestre, Colis Privé, le spécialiste de la livraison e-commerce en France, a également annoncé ce lundi viser une introduction en Bourse sur Euronext Paris.

Ces deux nouveaux projets suivent ceux en cours d’Aramis sur Euronext ou de Spartoo, cette fois sur Euronext Growth, le marché réservé aux entreprises de croissance qui a déjà accueilli plusieurs entreprises depuis le début de l’année, notamment dans le secteur en plein effervescence de l’hydrogène.

Soutenues dans un premier temps par des fonds de capital risque puis de croissance, ces entreprises nécessitent désormais davantage de capitaux pour continuer à grandir, ce que la Bourse peut leur offrir, en plus d’une plus forte exposition.

OVHcloud s’était ainsi financé en 2016 auprès des fonds de capital-investissement américains KKR et TowerBrook Capital Partners, pour un montant de 250 millions d’euros, donnant aux deux investisseurs 20% des parts de la société fondée par Octave Klaba. La direction d’OVHcloud a besoin de plus d’argent pour financer ses investissements et tenir la comparaison face à ses grands concurrents américains, Amazon Web Services, Google ou Microsoft Azure.

En 2020, le chiffre d’affaires d’OVHcloud a atteint 632 millions d’euros, à des années-lumière des 45 milliards de dollars d’Amazon Web Services. Mais, conforté par les préoccupations françaises et européennes de protection de la souveraineté numérique, le groupe d’Octave Klaba se présente comme une alternative crédible face aux solutions américaines.

Disposer d’une Bourse en mesure d’accompagner les projets de ces entreprises est aussi nécessaire pour éviter que ces entreprises ne choisissent de s’exiler sur le Nasdaq, à l’image du groupe de publicité ciblée Criteo, qui s’y est coté en 2013, et est tombé depuis dans les oubliettes du marché américain.

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