La «Bourse de l’entreprise» entre dans sa dernière ligne droite
Plus que quelques jours pour répondre à la consultation sur la création d’une «Bourse de l’entreprise». Début juillet, le Comité d’orientation stratégique (COS) de Nyse Euronext dévoilait son projet. La semaine dernière, l’entreprise de marché rencontrait les professionnels. Leurs propositions devaient être déposées avant lundi soir, et certains n’excluent pas de s’exprimer publiquement. Après prise en compte de ces réponses, le COS doit remettre son rapport définitif à Nyse Euronext le 26 septembre et fera une communication au Haut comité de Place d’octobre.
Ce projet préliminaire a suscité des réactions variées dès sa publication au début de l’été. Notamment sur la question primordiale du capital. Si le rapport Giami Rameix demandait expressément que l’entreprise de marché soit minoritaire, cette dernière veut rester majoritaire. La Caisse des dépôts (CDC) a déjà dit qu’elle pourrait prendre une participation. D’autres acteurs, notamment des courtiers, seraient prêts à faire de même, mais dans quelles conditions? L’arrivée de Jean-Pierre Jouyet à la tête de la CDC pourrait donner une nouvelle envergure au débat. A l’époque François Baroin avait demandé à Nyse-Euronext et à la CDC le soin de mettre en œuvre cette Bourse des PME.
De plus, l’actuel projet de gouvernance donne le pouvoir à Nyse Euronext, qui pilotera le directoire, seul le conseil de surveillance étant ouvert à d’autres acteurs de marché. Le choix d’une structure à conseil d’administration ouvert aux acteurs de la Place pourrait favoriser le consensus. En outre, le business plan et le financement de cette Bourse ne sont pas dévoilés dans le rapport. Autre sujet de discorde, l’ambition européenne du COS. Ce dernier désire intégrer les autres places européennes de Nyse Euronext (Bruxelles, Amsterdam et Lisbonne).
Par ailleurs, le COS propose la création d’un «marché d’acclimatation» comme sas d’introduction à la Bourse de l’entreprise, pendant une période probatoire de trois ou quatre ans. «Nous faisons déjà du marché d’acclimatation sans le savoir, confie Pierre Lasserre, président d’Alternativa. Aussi, nous nous proposons de jouer un rôle pour mettre en place la proposition du COS. Ce nouveau compartiment, sorte de marché libre plus encadré, plus sécurisé et ancré dans les régions viendrait compléter le dispositif des compartiments B, C, et Alternext, et répondrait aux attentes des petites entreprises, avec un traitement différent».
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