La bombe à retardement des retraites menace les Etats
Les engagements des Etats vis-à-vis des retraites futures sont rarement facilement accessibles et comparables entre eux, et n’apparaissent pas au passif de leur bilan. Dans une étude publiée ce mois-ci, les économistes de Citi proposent des estimations de ces engagements de long terme pour quelques Etats. Leur conclusion: «les engagements éventuels moyens des systèmes de retraite publics s’élèvent à environ 190% du PIB». En comparaison les dettes publiques pour ces mêmes pays représentent en moyenne 109% du PIB.
Tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne: les pays européens disposant de systèmes publics importants sont les plus menacés, avec des engagements qui dépassent 300% du PIB en France, en Allemagne et au Royaume-Uni. A l’opposé, les Etats-Unis qui disposent d’une sécurité sociale minimale ne sont engagés qu’à hauteur d’un peu plus de 100% de leur PIB.
A noter que ces estimations, portant sur des périodes de plusieurs décennies, sont très sensibles aux hypothèses utilisées. Le taux d’actualisation des obligations de retraites a par exemple été fixé à 3% (5% pour le Royaume-Uni), ce qui peut paraître conservateur par rapport à une moyenne historique mais pourrait être surévalué dans un environnement de taux bas sur de longues périodes. Dans le cas du Portugal par exemple, une diminution de ce taux de 100 pb augmenterait les engagements de retraite d’environ 15%.
{"title":"","image":"107830»,"legend":"","credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Les Etats-Unis tentent d’éviter un blocage budgétaire avant les élections
La Chambre des représentants a adopté un projet de loi visant à reporter le débat sur le financement annuel fédéral au-delà des élections de mi-mandat du 3 novembre. Reste à le faire passer au Sénat, où les délais semblent trop courts pour un accord bipartisan -
Les économistes tentent d’évaluer le coût des canicules
Face à la répétition des vagues de chaleur, l’Europe subit un choc d’offre structurel qui détruit la productivité du travail à court terme et menace d’asphyxier l’investissement à long terme. En France, ce scénario de crise pourrait coûter plus de 270 milliards d’euros cumulés d’ici à 2030. -
Les taux longs américains échappent à Donald Trump
Les décisions politiques augmentent les risques sur l’inflation et les taux courts. La croissance de l’IA et la défiance générale, synonyme de prime de terme, se retrouvent dans les anticipations sur les taux longs. Résultat, l’administration Trump paraît loin de pouvoir tenir ses promesses sur le niveau des taux.
ETF à la Une
L&G AM lance le premier ETF UCITS exclusivement dédié aux obligations d’Etat africaines
Contenu de nos partenaires
-
Effets en cascadeAgriculture française : le scénario du pire
La France souffrira longtemps cet été cataclysmique pour son agriculture. Les ravages ne vont pas toucher seulement les finances des agriculteurs et la pérennisation de leurs exploitations, mais toute l'économie française, durablement -
RéservesMédecins libéraux : l'inquiétude grandit sur l'avenir de leur retraite complémentaire
Un prochain décret pourrait réduire les ressources de la caisse autonome chargée des retraites complémentaires des praticiens -
Tête dureIran : Mojtaba Khamenei, toujours invisible, renforce la radicalité du régime
Le nouveau Guide suprême a effectué ses premières nominations majeures, donnant une place encore plus centrale aux Gardiens de la révolution