La BoE choisit le statu quo malgré la chute du PIB britannique
La Banque d’Angleterre (BoE) a laissé sa politique monétaire inchangée jeudi tout en se disant prête à augmenter son soutien à l'économie britannique, confrontée à l’une de ses pires crises en raison du confinement lié à l'épidémie de coronavirus. La banque centrale fait en effet l’hypothèse d’une chute de 14% du PIB du Royaume-Uni en 2020 - avec une contraction de 25% pour le deuxième trimestre, suivie d’un rebond de 15% en 2021, sous réserve d’un soutien monétaire et budgétaire très important, souligne-t-elle.
Pour l’instant, la BoE maintient son taux directeur à 0,10%, comme c’était prévu après les deux baisses dans l’urgence, de 0,75% à 0,25% le 11 mars, puis de 0, 25% à 0,10% le 19 mars, pour tenter d’amortir le choc économique et financier provoqué par la propagation rapide de l'épidémie de Covid-19 et les mesures de confinement. Pour rappel, le Bank Rate de la BoE est l’équivalent du taux de dépôts auprès de la Banque centrale européenne (BCE), lui situé à -0,50%.
L’objectif du programme d’assouplissement quantitatif (quantitative easing, QE) demeure quant à lui fixé à 645 milliards de livres sterling, dont 20 milliards pour le marché des obligations d’entreprise.
Deux des neuf membres du Comité de politique monétaire (MPC), Michael Saunders et Jonathan Haskel, se sont néanmoins prononcés pour une augmentation du QE de 100 milliards de livres.
Le nouveau gouverneur, Andrew Bailey, a réaffirmé son engagement afin que «la Banque agira autant que nécessaire pour assurer la stabilité monétaire et financière essentielle pour la prospérité à long terme et répondre aux besoins de la population de ce pays», avant d’ajouter que la BoE tablait sur une reprise «bien plus rapide que la sortie de la crise financière mondiale». La majorité des observateurs s’attendent cependant à ce que la BoE annonce en juin une augmentation de son programme d’achats de titres, avant d’avoir épuisé l’enveloppe de 200 milliards de livres supplémentaires décidée en mars.
Signes de marchés partagés sur ces annonces : la livre sterling s’est plutôt appréciée face au dollar (1,24), tandis que les rendements des emprunts d’Etat britanniques Gilts remontaient, à 0,27% pour les titres à 10 ans.
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