La BFI fait plonger Deutsche Bank dans le rouge
Pour sa dernière présentation de bilan en tant que patron de Deutsche Bank, Josef Ackermann a réservé une mauvaise nouvelle à ses actionnaires. La première banque allemande a viré au rouge au dernier trimestre de l’année écoulée, affichant une perte avant impôts de 351 millions d’euros, en raison de provisions sur le portefeuille d’obligations grecques, désormais décotées à 71%, et d’une couverture de quelque 700 millions d’euros pour d’éventuelles sanctions judiciaires aux Etats-Unis.
Outre les dépréciations et les charges exceptionnelles, la banque a notamment souffert de la forte baisse des activités de sa BFI dont les revenus ont reculé de 26% entre octobre et décembre, causant une perte avant impôts de 422 millions d’euros. Un revers pour son dirigeant, l’Indien Anshu Jain, qui s’apprête à prendre la direction de Deutsche Bank en mai prochain, aux côtés de l’Allemand Jürgen Fitschen. Deutsche Bank fait ainsi moins bien que les grandes banques d’affaires américaines, notamment Goldman Sachs, qui ont réussi à dégager des résultats largement positifs au dernier trimestre 2011.
«Le quatrième trimestre a été marqué par une activité de marché modeste, notamment en Europe», a expliqué Josef Ackermann lors de la présentation des chiffres, hier à Francfort.
Sur l’année la première banque allemande reste également largement en dessous de son objectif initial de réaliser un bénéfice avant impôts de 10 milliards d’euros. En raison des effets de la dette souveraine son résultat annuel avant impôts ressort finalement à 5,4 milliards d’euros dont 4,0 milliards proviennent de la BFI qui demeure sa principale source de profits. Grâce à l’intégration de Postbank sa division de banque de détail a certes dégagé un résultat en forte hausse à 1,8 milliard d’euros, mais cette amélioration demeure insuffisante pour réduire la dépendance de la banque à sa BFI.
En dépit de ses résultats décevants, la banque affiche un ratio de fonds propres durs (core tier one) de 9,5%, soit au-dessus du niveau exigé par l’autorité européenne EBA. «La banque dispose d’une excellente base de départ pour poursuivre sa voie à succès dans les années à venir», a estimé son patron. Reste qu’en raison de l’issue incertaine de la crise grecque il n’a donné aucune prévision sur l’année en cours.
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