La BEI et Bruxelles planchent toujours sur les titrisations de prêts PME
La Banque centrale européenne (BCE) ne jouera pas un rôle crucial pour revigorer le marché des ABS. En revanche, la Banque européenne d’investissement (BEI) et la Commission devront développer, à la demande des Etats membres, des solutions pour soutenir le crédit aux PME, d’ici au début de l’année prochaine. Celles-ci pourraient passer par la titrisation.
«Je voudrais qu’il soit bien clair que s’agissant du marché des ABS, la BCE a maintenant un rôle de conseil», a déclaré le président de la BCE, Mario Draghi lors de son audition par des eurodéputés lundi. Et d’expliquer que ce sont la BEI et la Commission qui travaillent plus directement sur de possibles mécanismes de soutien aux PME. Les institutions pourraient notamment acheter des ABS.
Le président avait plusieurs fois évoqué lors de ses conférences l’idée de redynamiser le marché des titrisations de prêts de PME pour tenter de soutenir le crédit, dans les pays périphériques. Alors que les PME sont particulièrement dépendantes des banques, elles se voient offrir des prêts beaucoup plus coûteux que ceux accordés aux grandes entreprises. La différence en Espagne est de 2,3% contre 1% en France, selon Mario Draghi.
Fin juin, la Commission et la BEI ont publié un document proposant d’utiliser des fonds européens pour garantir des prêts de PME, destinés à être titrisés. L’option la plus audacieuse permettrait de générer jusqu’à 100 milliards d’euros de prêts pour 1 million de PME, selon les institutions. Lors du Conseil européen des 27 et 28 juin, les Etats ont salué leurs travaux, et les ont encouragées à développer des instruments en faveur des PME d’ici à janvier 2014, sans préciser lesquels.
Le président de la BCE prévient en tout cas qu’il sera difficile de dynamiser le marché européen de la titrisation à court terme. «Nous devons garder à l’esprit les nombreux obstacles à la renaissance du marché des émissions publiques d’ABS», a-t-il expliqué aux députés faisant notamment référence à la régulation. Les règles qui vont s’appliquer aux banques et aux assurances risquent de réduire les incitations à investir dans certains types d’ABS. Alors que l’industrie de la titrisation ne cesse d’appeler à leur assouplissement, Mario Draghi a plaidé pour «que les règles du jeu soient les mêmes que pour d’autres titres au regard des risques, des notations et de la maturité».
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