La BEI compte remettre le plan Juncker sur les bons rails
Je ne vois pas assez de projets pour le secteur privé. Il y a un problème structurel», a expliqué le président de la Banque européenne d’investissement Werner Hoyer lundi à Bruxelles au sujet de la liste des 2.000 projets sollicitant un financement dans le cadre du Plan Juncker. Il a jugé que la «liste» actuelle, dont la BEI a commencé le passage en revue, était «trop publique» et que le système de soumissionnement, via internet, pouvait s’avérer peu adapté pour des entreprises ambitieuses en matière de recherche et développement qui ont besoin de confidentialité. «Il faut voir comment leur donner accès à la garantie», estime le dirigeant.
Clou du Plan Juncker qui devrait permettre de générer 315 milliards d’investissement en trois ans, le Fonds européen pour l’investissement stratégique (FEIS) reste pour l’instant dans les mains des législateurs. Ils doivent en adopter la gouvernance et débloquer les fonds européens nécessaires à la dotation de 21 milliards d’euros (dont 5 apportés par la BEI). Il ne verra pas formellement le jour avant mi-2015, voire la fin de l’année. Mais les équipes de la BEI sont déjà à pied d’œuvre pour «préfinancer en faisant l’hypothèse que la législation sera en place».
«Ce qui manque, c’est la mise en place du comité d’investissement dont le travail ne sera pas de tester les projets» mais de «juger de leur éligibilité à la garantie» fournie par le FEIS, explique Werner Hoyer. La banque entend maintenir la même politique de due diligence dans le cadre du plan Juncker que pour le reste de ses activités. Or «la manière dont la liste a été établie était jusqu’à présent à un certain point arbitraire», a-t-il dit.
Werner Hoyer a également répondu à l’appel du pied du ministre des finances grec Yanis Varoufakis. Son exposition en Grèce atteint déjà 16,9 milliards, soit 9,4% du PIB, a rappelé son président. «Peut-on faire plus? Oui s’il y a de bons projets». Et de rappeler que la banque n’a «pas de politique de quota» national et qu’elle «ne peut pas prédire le montant des prêts rendu disponible pour un pays en particulier».
En 2014, la BEI a retrouvé un montant de signatures proche du record de 2009, à 77 milliards d’euros, grâce à l’augmentation de capital décidée en 2012. Aux 69 milliards destinés aux Etats membres s’ajoutent 3,3 milliards d’engagements du Fonds européen d’investissement ayant permis de lever 14 milliards de financements pour les PME. Son programme d’émission s’élèvera cette année à environ 61 milliards.
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