La BCE donne un coup de pouce au développement des covered bonds PME
Mario Draghi l’a reconnu début avril: la BCE et son président explorent tous les moyens possibles pour restaurer le canal du crédit en zone euro. Alors que le gros du débat porte sur la création de nouveaux outils pour stimuler les prêts aux entreprises, la banque centrale vient d’adresser un signal encourageant à la communauté financière. Elle a en effet assoupli les conditions de prise en pension des covered bonds adossés à des concours aux PME, que Commerzbank a émises en février.
La banque allemande a été la première de la zone euro à lancer ce type de titres. Les prêts aux PME sont habituellement utilisés comme sous-jacents dans les titrisations (asset-backed securities). Commerzbank en a levé pour 500 millions d’euros, mais entend mener à bien un programme de 5 milliards d’euros dans les prochaines années.
Toutes les obligations sécurisés de type covered bond, notées en catégorie investisseur par une agence au moins, sont éligibles aux opérations de refinancement de la BCE. Dans le cadre de son système de gestion du collatéral, la banque centrale a décidé de considérer les instruments novateurs de Commerzbank comme des covered bonds, et non plus comme de la dette bancaire senior sécurisée. Ce qui permet à leurs détenteurs de se refinancer au guichet banque centrale avec une décote moins importante sur la valeur nominale des titres.
«Cette décision devrait soutenir d’autres projets de covered bonds adossés à des prêts aux PME dans la zone euro, souligne Bernd Volk, stratégiste chez Deutsche Bank. En termes d’éligibilité à la BCE, la nouvelle classification place les instruments de Commerzbank sur la même ligne que tous les covered bonds non-benchmark traditionnels». Dans une note publiée le 4 février, les analystes de S&P estimaient que «sur la durée, les covered bonds PME pourraient devenir aussi importants d’un point de vue systémique que les obligations sécurisées traditionnelles», compte tenu du poids des PME dans l’économie de la région et du coût de la dette bancaire non sécurisée.
Il ne s’agira toutefois que d’un processus au long cours. «Cela aidera à fournir un financement indirect pour de nouveaux prêts, juge Alberto Gallo, stratégiste chez RBS. L’inconvénient est que, tout comme l’hypothèse d’une harmonisation des règles de collatéral sur les prêts, cette option ne s’attaque pas aux causes économiques ou capitalistiques qui contraignent l’activité des prêteurs».
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