La BCE dispose de peu d’armes pour freiner la hausse de l’euro
Jusqu’où ira la remontée de l’euro ? La monnaie unique a dépassé le seuil symbolique de 1,15 face au dollar cette semaine pour la première fois depuis le mois de mai 2016, juste avant le premier discours du président de la BCE depuis celui prononcé à Sintra le 27 juin qui avait ouvert la porte à la prochaine sortie progressive de son programme d’achats d’actifs. Si ce discours de Sintra a accentué la tendance haussière de l’euro qui s’est renforcé de 3% depuis, celle-ci a débuté dès le début d’année avec une appréciation atteignant désormais près de 11%. Le marché des options anticipe en outre une poursuite de la hausse de l’euro à horizon un mois.
«Si les positions spéculatives actuelles offrent un risque limité de hausse supplémentaire de l’euro, un passage sans encombre par Mario Draghi à la conférence de presse aujourd’hui devrait constituer un catalyseur à de nouveaux achats d’euros avant son discours à Jackson Hole», estime Citigroup. Le fait que le président de la BCE ait confirmé sa présence au symposium de Jackson Hole qui se tiendra du 24 au 26 août prochains, soit deux semaines avant la réunion du Conseil des gouverneurs, a alimenté les rumeurs qu’il pourrait alors indiquer son intention de ralentir les rachats d’actifs et rentrer dans une période de normalisation monétaire. Une telle annonce serait symbolique puisque Mario Draghi a pris la parole à Jackson Hole pour la dernière fois en 2014 afin de préparer les marchés au QE.
«Ce que les investisseurs craignent le plus est que Mario Draghi tente de lutter contre le resserrement récent des conditions financières. Compte tenu de la raréfaction des titres éligibles, la BCE ne devrait pas être en mesure de répondre de manière crédible à l’appréciation de l’euro, qui ne menace pas les perspectives de croissance et ne change pas significativement le contexte d’inflation», ajoute Citigroup.
La mise en orbite par Mario Draghi à Jackson Hole du premier programme de rachat d’actifs de l’histoire de la BCE avait entraîné une chute de l’euro face au dollar de 25% entre les mois de mai 2014 et mars 2015. Malgré son mouvement de hausse récente, le taux de change de l’euro reste ainsi inférieur de plus de 20% à ses niveaux qui prévalaient avant l’annonce du lancement du programme PSPP de la BCE.
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