La Banque Postale jouera les pompiers auprès des collectivités locales

La filiale de La Poste a obtenu un agrément pour proposer début juillet des prêts de trésorerie, en attendant que Bruxelles tranche le dossier Dexia
Alexandre Garabedian
Le siège de la Banque Postale. Photo: PHB/Agefi
Le siège de la Banque Postale. Photo: PHB/Agefi  - 

Quand la Banque Postale et la Caisse des dépôts pourront-elles prêter aux collectivités locales françaises? Prévu pour fin juin, le lancement de leur filiale commune est désormais suspendu à l’avis de la Commission européenne.

Début juin, Bruxelles a en effet lié le devenir de Dexia Municipal Agency (Dexma), le véhicule de refinancement qui devait épauler la nouvelle banque des collectivités, à son appréciation plus globale sur le plan de démantèlement du groupe franco-belge. Or, les services de la concurrence de la Commission ne devraient pas statuer sur le dossier avant septembre.

«Les collectivités locales ne peuvent pas attendre jusqu’à septembre», s’est alarmé hier le député sortant Michel Bouvard, président de la commission de surveillance de la Caisse des dépôts.

Pour parer au plus pressé, deux solutions existent. A compter de début juillet, la Banque Postale pourra proposer des prêts de trésorerie, indépendamment de l’avenir de sa future filiale commune (à 65/35) avec la Caisse des dépôts. Elle vient d’obtenir son agrément et dévoilera dans les prochains jours les détails de cette offre. «Nous nous tenons à notre engagement de faire les premières offres de prêts fin juin-début juillet», confirme-t-on chez la filiale de La Poste.

Par ailleurs, sur la deuxième enveloppe de prêts d’urgence de 5 milliards d’euros annoncée par la CDC en avril, 3 milliards restent à débloquer. Une solution dont Michel Bouvard ne se satisfait cependant pas. D’abord parce que ces prêts, réalisés sur les fonds d’épargne, doivent rester exceptionnels, sans quoi «les banques en profiteront pour sortir totalement du marché». Autre inconvénient, ils sont accordés sur des durées de 2 à 15 ans et ne peuvent financer des projets plus longs tels que des infrastructures de transport. «Sur le solde de l’enveloppe de 5 milliards, il faut qu’une partie soit réservée à ces prêts de long terme», plaide Michel Bouvard.

Reste, à moyen terme, le cas Dexma. Si Bruxelles retoque le plan, «la CDC ne pourra pas aller au-delà de l’engagement qu’elle a accepté de prendre dans le dossier», souligne Michel Bouvard. Le parlementaire, qui laissera son mandat le 19 juin, estime alors qu’une nationalisation complète de Dexma deviendrait d’actualité. La Banque Postale serait, elle, obligée de créer sa propre société de refinancement, un processus qui prendrait des mois.

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