La Banque Postale jouera les pompiers auprès des collectivités locales
Quand la Banque Postale et la Caisse des dépôts pourront-elles prêter aux collectivités locales françaises? Prévu pour fin juin, le lancement de leur filiale commune est désormais suspendu à l’avis de la Commission européenne.
Début juin, Bruxelles a en effet lié le devenir de Dexia Municipal Agency (Dexma), le véhicule de refinancement qui devait épauler la nouvelle banque des collectivités, à son appréciation plus globale sur le plan de démantèlement du groupe franco-belge. Or, les services de la concurrence de la Commission ne devraient pas statuer sur le dossier avant septembre.
«Les collectivités locales ne peuvent pas attendre jusqu’à septembre», s’est alarmé hier le député sortant Michel Bouvard, président de la commission de surveillance de la Caisse des dépôts.
Pour parer au plus pressé, deux solutions existent. A compter de début juillet, la Banque Postale pourra proposer des prêts de trésorerie, indépendamment de l’avenir de sa future filiale commune (à 65/35) avec la Caisse des dépôts. Elle vient d’obtenir son agrément et dévoilera dans les prochains jours les détails de cette offre. «Nous nous tenons à notre engagement de faire les premières offres de prêts fin juin-début juillet», confirme-t-on chez la filiale de La Poste.
Par ailleurs, sur la deuxième enveloppe de prêts d’urgence de 5 milliards d’euros annoncée par la CDC en avril, 3 milliards restent à débloquer. Une solution dont Michel Bouvard ne se satisfait cependant pas. D’abord parce que ces prêts, réalisés sur les fonds d’épargne, doivent rester exceptionnels, sans quoi «les banques en profiteront pour sortir totalement du marché». Autre inconvénient, ils sont accordés sur des durées de 2 à 15 ans et ne peuvent financer des projets plus longs tels que des infrastructures de transport. «Sur le solde de l’enveloppe de 5 milliards, il faut qu’une partie soit réservée à ces prêts de long terme», plaide Michel Bouvard.
Reste, à moyen terme, le cas Dexma. Si Bruxelles retoque le plan, «la CDC ne pourra pas aller au-delà de l’engagement qu’elle a accepté de prendre dans le dossier», souligne Michel Bouvard. Le parlementaire, qui laissera son mandat le 19 juin, estime alors qu’une nationalisation complète de Dexma deviendrait d’actualité. La Banque Postale serait, elle, obligée de créer sa propre société de refinancement, un processus qui prendrait des mois.
Plus d'articles du même thème
-
Jeudi noir pour la tech à Wall Street
Le marché américain a connu sa pire séance depuis avril 2025 et le Liberation Day de Donald Trump. Les valeurs technologiques liées à l'IA restent au centre des préoccupations. L'indice Nasdaq a basculé en territoire de correction avec plus de 10% de baisse par rapport à son record. -
La Banque d’Angleterre élève son étendard faucon
La banque centrale a relevé son taux directeur pour la première fois depuis plus de trois ans tout en laissant la porte ouverte à d’autres hausses. Une décision plus unanime qu’anticipée. -
Rheinmetall paie encore les incertitudes entourant ses commandes publiques
Le spécialiste allemand de l’armement, qui a une nouvelle fois abaissé sa prévision de chiffre d’affaires annuel, table désormais sur une stabilité de sa marge d’exploitation.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- Parvus accentue sa pression sur la gouvernance d’Accor
Contenu de nos partenaires
-
Règle d’or budgétaire : l’offensive politique du RN à l'épreuve d'un calendrier intenable
Au lendemain du rejet du budget, Jordan Bardella veut voter « en urgence » la règle d’or pour l'inscrire dans la Constitution. Or, les délais et le contexte politique rendent intenable son calendrier express -
« Sur les réseaux sociaux, l'agressivité attire l’attention des électeurs, sans pour autant les convaincre »
La somme phénoménale de douze milliards de dollars a été dépensée pour la publicité politique à la télévision et sur les réseaux à l'occasion de la campagne des élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Avec quels résultats ? -
DésinformationPrésidentielle : la campagne otage des algorithmes
Une partie de l’échiquier politique s’inquiète de voir l’élection présidentielle biaisée par la prolifération de faux contenus et l’opacité entretenue par les plateformes, dont la responsabilité est pointée du doigt