La banque Moelis tâte le terrain pour son introduction en Bourse
Moelis & Co. change de cap. Après avoir publiquement écarté l’idée d’une introduction en Bourse, Kenneth Moelis semble désormais prêt à coter sa boutique de fusions-acquisitions. La banque américaine indépendante a mandaté Goldman Sachs et un cabinet d’avocats, mais le projet resterait à un stade peu avancé, assure le Wall Street Journal.
L’opération permettrait aux associés de monétiser une partie de leurs titres, après la distribution exceptionnelle, l’été dernier, de 35 millions de dollars (25,6 millions d’euros) en numéraire à l’ensemble des actionnaires. 85% du capital est actuellement détenu par les équipes et 10% par quelques investisseurs institutionnels. Les 5% restants ont été acquis par la banque japonaise Sumitomo Mitsui début 2012 pour 93 millions de dollars, ce qui valorisait l’ensemble 1,86 milliard.
Avec des revenus proches (environ 300 millions de dollars) mais deux fois moins de salariés que Moelis (320 contre 600), Greenhill & Co affiche une capitalisation boursière de 1,6 milliard de dollars seulement. Deux fois plus gros, Evervore est valorisé 2,4 milliards de dollars. Son cours à New York a presque doublé l’an dernier, passant de 32 dollars en janvier à 60 en décembre. Le titre Greenhill a en revanche été très volatil, avec un plancher à 43 dollars et un pic à 61 dollars.
Moelis espère visiblement capitaliser sur sa forte visibilité actuelle. Fondée en 2007, la boutique s’est illustrée l’an dernier dans plusieurs méga-deals. Elle a notamment assisté la société de ketchup Heinz, retirée de la cote pour 23 milliards de dollars, et œuvré comme unique conseil d’Omnicom dans sa fusion à venir avec Publicis pour former un ensemble d’environ 30 milliards de dollars. 2013 serait le meilleur exercice de la maison selon le Wall Street Journal, mais dans les seules fusions-acquisitions (hors conseil en restructuration….) ses commissions seraient en baisse de 29%, à 237 millions de dollars, d’après Thomson Reuters.
Moelis se place à la 16e place mondiale des fusions-acquisitions avec 1,2% de part de marché, loin derrière les grandes banques américaines et européennes, mais aussi derrière les principales boutiques : Lazard, Rothschild, Evercore, Jefferies et Houlihan Lokey. La plupart de ces petites maisons ont perdu du terrain l’an dernier, alors que les cinq grandes banques américaines (JPMorgan, etc) ont gagné 3,4 points de part de marché et concentré 30% des commissions, d’après Thomson Reuters.
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