La Banque européenne d’investissement renforce son activité en France

L’augmentation de capital décidée en 2012 a permis à la BEI d’accroître ses concours dans l’Hexagone de 80% sur un an
Solenn Poullennec
La BEI.Photo: Sylvie Françoise
La BEI.Photo: Sylvie Françoise  - 

L’Etat, les collectivités locales et les entreprises ont pu compter l’année dernière sur un soutien beaucoup plus appuyé de la Banque européenne d’investissement (BEI) pour financer leurs projets. La BEI a apporté 7,8 milliards de financements dans l’Hexagone en 2013, soit 80% de plus que l’année précédente. Dans le même temps, sa filiale, le Fonds européen d’investissement a vu son activité augmenter de 285 millions d’euros sur la période à 546 millions.

«On n’a jamais financé autant d’opérations en France», expliquait hier le vice-président de la BEI, Philippe de Fontaine Vive. Leur nombre est passé de 33 à 46 en un an. Ce regain d’activité a été permis par l’augmentation de capital de 10 milliards d’euros décidée en 2012 par les Etats européens pour mettre en œuvre leur «pacte de croissance». La BEI s’est engagée à réaliser en trois ans 60 milliards d’euros de prêts en plus pour quelque 180 milliards d’euros d’investissements nouveaux.

La France figure parmi les pays qui ont le plus bénéficié de cette manne alors que beaucoup de projets publics dans les pays européens les plus touchés par la crise ont été mis entre parenthèses. Qui plus est, la BEI a renforcé ses équipes et son implantation dans l’Hexagone l’année dernière en signant des partenariats avec la Banque publique d’investissement (750 millions d’euros de ligne de crédit et 200 millions d’euros de garantie) ou, en décembre, avec la Caisse des dépôts et consignations. Ils complètent ses accords avec des banques commerciales en faveur des TPE et PME.

Après avoir dépassé l’objectif de 7 milliards d’euros de financements annoncé pour 2013, la même somme devrait être débloquée en 2014 et 2015. L’accent devrait notamment être mis sur les ETI et l’innovation, explique Philippe de Fontaine Vive. L’année dernière, 1,32 milliard d’euros ont été consacrés à l’innovation. Par exemple Renault a reçu 400 millions d’euros pour ses travaux sur la performance écologique des véhicules. Près de 4 milliards d’euros ont été consacrés aux infrastructures publiques, tandis que 1 milliard a été attribué respectivement à des PME et à des projets liés à la formation et à l’éducation (rénovation de lycées).

Parmi tous les dossiers en cours en France, trois obligations de projets pourraient par ailleurs aboutir, dans les secteurs des autoroutes et de l’internet à haut débit.

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