La Banque du Japon crée la surprise en changeant de politique
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Parmi les réactions à observer, celle de la Banque du Japon, dirigée par Haruhiko Kuroda.
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Bloomberg
La Banque du Japon (BoJ) a pris les investisseurs par surprise mardi en assouplissant sa politique de contrôle des taux d’intérêt. L’institution a décidé de permettre au rendement des emprunts d’Etat (JBG) à dix ans de fluctuer de 50 points de base dans les deux sens par rapport à l’objectif de 0%, contre 25 points précédemment.
Le rendement de l’emprunt japonais à dix ans, qui se maintenait autour de 0,25% depuis des mois en raison du plafond imposé par la banque centrale, a rapidement bondi après les annonces de la BoJ et s'établissait à 0,417% en fin de séance à Tokyo.
«La Banque du Japon a provoqué un véritable choc sur les marchés après avoir révisé de manière inattendue sa politique de contrôle de la courbe des taux, signalant que le dernier pays développé à maintenir des taux d’intérêt très bas se rapproche de la normalisation de sa politique. Bref, même tarif pour tous», commente John Plassard, analyste chez Mirabaud Securities.
Le yen remonte en flèche
Le yen a suivi une trajectoire similaire. En fin de séance à Tokyo, le dollar abandonnait 2,7% face à la devise japonaise, à 133,20 yens, à comparer à un niveau de plus de 137 yens avant la décision de la BoJ. Le yen a perdu beaucoup de terrain face au billet vert cette année, en raison du différentiel croissant de taux d’intérêt entre les Etats-Unis et le Japon. Face à l’euro, le yen bondit également. La monnaie unique cédait 2,9%, à 141 yens, contre 145,24 yens lundi soir.
Le communiqué de la BoJ ne mentionne pas l’accélération de l’inflation au Japon comme motif de cette décision. Il évoque en revanche la dégradation du fonctionnement du marché obligataire japonais et l'écart entre le taux des obligations d’Etat à dix ans et celui des autres échéances.
Les Etats-Unis multiplient les initiatives visant à empêcher le marché obligataire de dicter seul le prix de leur dette, relève Didier Borowski, responsable de la recherche sur les politiques macroéconomiques d’Amundi Institute. Un parfum de "répression financière", déjà observée au XXe siècle, plane.
Kevin Warsh, qui passait un «examen» en ouverture du Symposium de Jackson Hole après avoir été critiqué pour son manque de clarté sur l’inflation en juillet, a tenté de se rattraper. Et fait pencher le marché en faveur d’une hausse de taux dès la prochaine réunion.
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