La Banque d’Angleterre garde le cap du resserrement
La Banque d’Angleterre (BoE) donne rendez-vous aux marchés en mai pour une nouvelle hausse des taux. Devant la commission parlementaire du Trésor, son gouverneur Mark Carney a confirmé que les taux seront relevés en ligne avec les prévisions actuelles de marché pour ramener l’inflation à son objectif, sans s’engager sur un rythme défini. Le chef économiste de l’autorité Andy Haldane, aussi auditionné, a ajouté que le risque d’une accélération de la croissance et de l’inflation, au Royaume-Uni et au sein de l’économie mondiale est orienté à la hausse, ce qui nécessite de relever les taux plus fortement et vite que prévu. Mark Carney a expliqué lundi que le but de ces hausses est également de lutter contre la prochaine crise en créant «un système solide pouvant absorber les chocs lorsqu’ils se produisent».
Les taux Sonia anticipent une nouvelle hausse des taux de 25 pb à la réunion du 10 mai, avec une probabilité de 58%, à l’instar des 21 sur 41 économistes interrogés par Bloomberg, même si elle avait atteint 69% juste après le durcissement du discours de Mark Carney lors de la publication du rapport d’inflation de l’autorité britannique il y a environ deux semaines. «Il reste beaucoup d’éléments qui pourraient cependant décourager la BoE sur la nécessité d’une nouvelle hausse, tels qu’un échec de Londres à trouver un accord sur la phase de transition avec l’Union Européenne d’ici fin mars, un choc politique, ou une chute du marché actions. Le MPC [Monetary Policy Committee, ndlr] va se montrer particulièrement sensible à l’évolution du marché du travail compte tenu de son caractère tendu qui pousse les salaires à la hausse», explique SG CIB.
Les chiffres trimestriels de l’emploi britannique publiés hier risquent pourtant de conforter la BoE. Si le taux de chômage a accusé un rebond surprise à 4,4% fin décembre avec un troisième mois consécutif de hausse du nombre de chômeurs, il semble plus lié aux personnes ayant cessé de rechercher, qu’à des licenciements.
Le rythme de hausse des salaires a accéléré à 2,8% sur un an en décembre et l’enquête du département du travail a montré que le marché du travail souffre d’un manque d’offre en ce début d’année, qui a conduit à une hausse des taux de rémunération. Les salaires à l’entrée ont enregistré leur plus forte hausse depuis plus de deux ans en janvier, qui devrait se transmettre à toute l’économie au cours des prochains mois, et alimenter les tensions inflationnistes.
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