La Banque d’Angleterre gagne en autorité sur les prêts immobiliers
Le gouvernement britannique entend bien redorer le blason de la City. Hier soir, à l’occasion de son traditionnel discours de Mansion House devant un parterre de financiers, le Chancelier de l’Echiquier a confirmé le lancement d’une grande enquête d’une durée d’une année menée conjointement par la FCA, le Trésor et la Banque d’Angleterre et portant sur le fonctionnement des marchés financiers et les moyens de restaurer la confiance dans ce secteur. « L’intégrité de la City est importante pour l’économie du Royaume-Uni» a indiqué George Osborne.
Ce dernier a également confirmé un certain nombre d’informations publiées plus tôt dans la journée : le Chancelier a promis d’étendre toutes les mesures adoptées à l’occasion du scandale de la manipulation du Libor au marché des changes, aux instruments financiers à taux fixe, et aux matières premières. Toute manipulation de marché sera désormais passible de sanctions pénales pouvant aller jusqu’à des peines de prison. Fidèle à son habitude, le gouvernement britannique a fait savoir qu’il opterait pour une sortie du cadre européen, préférant durcir son propre régime contre les abus de marché.
Le régime de responsabilité des dirigeants de banques sera également étendu à toutes les banques qui ont une présence au Royaume-Uni y compris les banques étrangères dotées de succursales.
Sans vouloir se montrer alarmiste, George Osborne a annoncé qu’il donnerait au comité de politique financière (FPC) de la BoE de vrais pouvoirs pour s’assurer que la taille des prêts immobiliers soit proportionnelle aux revenus des ménages et à la valeur du bien immobilier. Auparavant, le FPC ne pouvait émettre que des recommandations. Cette disposition s’appliquera également aux prêts issus du dispositif Help to Buy, conçu par le gouvernement britannique pour aider les foyers les moins aisés à accéder à la propriété. Une disposition saluée hier soir par le gouverneur de la BoE.
Dans un discours, Mark Carney a également laissé entendre que le durcissement de la politique monétaire pourrait intervenir dans moins d’un an : «Il y a d’ores et déjà beaucoup de spéculations sur le calendrier exact de la première remontée des taux et cette décision est en train de devenir plus équilibrée » a-t-il indiqué, et «cela pourrait intervenir plus tôt que ce que les marchés financiers attendent».
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