La banque centrale turque tient promesse sur le relèvement des taux
La banque centrale de Turquie a soulagé les marchés hier soir. A 23h00, heure de Paris, elle a dévoilé la décision de son comité de politique monétaire réuni en urgence. Et l’institution s’est révélée soucieuse de répondre aux attentes des marchés mondiaux, en annonçant le relèvement de 4,25 points du taux directeur au jour le jour, à 12,0%. Le consensus des économistes visait une hausse de 2,25 points. Le taux de prise en pension à une semaine a été en outre relevé de 5,5 points à 10,0%, et celui de l’emprunt à un jour de 4,5 points à 8,0%.
La réaction sur le marché des changes ne s’est d’ailleurs pas fait attendre: quelques minutes après l’annonce, la livre s’est appréciée de 3,0 % face au dollar, à 2,19 pour un dollar, après avoir atteint la veille un plus bas historique (à 2,39).
Hier matin, le gouverneur Erdem Basci avait certes clamé sa volonté de faire tout ce qui était nécessaire pour combattre l’inflation et voler au secours de la livre turque. Il avait assuré de l’indépendance de la banque centrale face aux pressions politiques soucieuses de croissance - notamment par la voix du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan -, qui n’hésitent pas à invoquer un «lobby des taux d’intérêt» censé conspirer contre la croissance. Mais de l’avis général sur les marchés, la banque centrale turque se devait de faire preuve de détermination, après avoir hier matin revu en hausse de 1,3 point sa prévision de hausse des prix pour 2014, la portant à 6,6%.
Lors de sa réunion ordinaire de politique monétaire la semaine passée la banque centrale avait pourtant laissé ses principaux taux d’intérêt inchangés. Avant que la chute de la livre et les nouvelles anticipations d’inflation ne la contraignent à l’action. Hier soir, le communiqué de la banque centrale stipulait que la politique monétaire resterait restrictive jusqu'à ce que les perspectives d’inflation montrent des signes clairs d’amélioration. La banque centrale assure que cette politique est susceptible de ramener le taux d’inflation à 5% d’ici mi-2015.
Rassurés à court terme, les observateurs semblaient encore douter hier de l’effet à long terme de l’action de la banque centrale d’Ankara. Notamment à la suite de l’annonce attendue ce soir de la part de la Réserve fédérale américaine d’une poursuite du «tapering». Pour l’heure au moins, la banque centrale turque a rassuré le marché quant à sa volonté et à sa capacité d’agir, elle n’a pas déçu.
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