La Banque centrale indienne pointe les risques de fragilité du secteur bancaire
Le rapport de stabilité financière de la RBI souligne la progression des créances douteuses sur fond de croissance économique incertaine
Publié le
Benoît Menou
Le rapport semestriel de stabilité financière publié hier par la Banque centrale indienne souffle le chaud et le froid. Si la Reserve Bank of India (RBI) estime qu’elle suit la bonne voie alors qu’elle doit dans le même temps maîtriser les pressions inflationnistes et stimuler la croissance, elle appelle le gouvernement à poursuivre le chemin des réformes et la consolidation financière. Cela avec en ligne de mire des élections législatives attendues au printemps, dont l’issue incertaine est facteur de craintes pour le système financier et économique, de l’aveu même du gouverneur de la RBI, Raghuram Rajan.
Ce dernier souligne que la clarté politique est une exigence des investisseurs dans l’environnement actuel. La RBI relève que si la Fed a laissé le temps aux économies émergentes comme l’Inde pour «remettre la maison en ordre», la vigilance reste de rigueur.
La RBI a surpris en laissant inchangé son taux directeur à 7,75% ce mois-ci après l’avoir relevé d’un quart de point tant en septembre qu’en octobre. Nombre d’observateurs estiment que le cycle de resserrement monétaire pourrait reprendre début 2014, quand bien même la croissance reste incertaine. La RBI salue pourtant des perspectives économiques en amélioration depuis la publication du précédent rapport semestriel, sur fond notamment de regain de vigueur des exportations. Le PIB est attendu en hausse de 5% sur l’exercice fiscal à fin mars prochain, une progression identique à celle de l’année écoulée et la plus faible depuis une décennie.
Le rapport met en exergue dans cet environnement le renforcement de la vulnérabilité du secteur bancaire. Selon le scénario central de la RBI, le taux de créances douteuses au bilan des banques pourrait progresser à 4,6% d’ici à septembre 2014. Ce qui représenterait une augmentation de 0,4 point sur douze mois et de 1,2 point sur dix-huit mois.
Et la banque centrale d’estimer que la déroute d’une grande entreprise pourrait entraîner une contagion au secteur bancaire, dont plus de la moitié (51%) des créances douteuses sont regroupées auprès de cinq secteurs industriels: infrastructures, sidérurgie, textile, aviation et mines. Responsable du secteur financier chez EY en Inde, Abizer Diwanji en appelle à l’instauration de mesures permettant d’identifier plus en amont les prêts douteux et octroyant davantage de pouvoir aux prêteurs.
NatWest et Santander ont émis des obligations subordonnées Additional Tier 1 (AT1) remboursables par anticipation seulement après 10 ans, au lieu des 5 ans habituels. Pour les banques, cela repousse les échéances de leur refinancement. Pour les investisseurs, les risques de dépréciation et de non-remboursement à date de «call» augmentent.
Dans son rapport sur le rôle international de l’euro, la BCE classe sa devise au deuxième rang mondial derrière le dollar dans le système monétaire international. L’euro devient également une valeur refuge pour de nombreux investisseurs.
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