La banque centrale indienne a fort à faire pour soutenir la croissance

La Reserve Bank of India manque de marge de manœuvre pour consentir ce mois-ci à une quatrième baisse des taux cette année
Benoît Menou

L’économie indienne continue de temporiser. Avec une croissance du PIB de 4,8% sur janvier-mars par rapport au premier trimestre 2012 (contre +4,7% au titre du trimestre précédent), le pays enregistre à 5,0% sur l’exercice écoulé à fin mars son plus faible taux de croissance depuis une décennie, selon les statistiques officielles publiées vendredi. La croissance annuelle avait atteint 6,2% sur l’exercice précédent, déjà en net repli face à plusieurs années proches de 9%. Et le chiffre de cette année s’avère inférieur aux prévisions tant du ministère des Finances (5,7 à 5,9%) que du FMI (5,4%).

Le gouverneur de la Banque centrale indienne (la Reserve Bank of India), Duvvuri Subbarao, a dans ce contexte tenu à souligner son manque de manœuvre, après que l’institution a abaissé à 7,25% son taux directeur en trois temps cette année déjà (en janvier, mars et mai, à chaque fois de 25 points de base). Le prochain comité de politique monétaire est prévu le 17 juin.

La semaine passée, UBS disait s’attendre à un geste supplémentaire unique de 25 pb encore d’ici la fin de l’année. En cause, pour la banque comme pour le gouverneur de la RBI, le déficit des comptes courants, estimé à 5,0% du PIB sur l’exercice écoulé contre 4,2% à fin mars 2012. Témoin de l’impact du ralentissement économique mondial, il pèse sur la roupie et stimule l’inflation. Il semble ainsi inévitable selon le gouverneur de la banque centrale de sacrifier avec ses armes à court terme la croissance dans la lutte contre l’inflation, qui au détail s’élevait à 9,4% à fin avril (9,7% sur 2012).

Duvvuri Subbarao en appelle au gouvernement de Manmohan Singh pour relancer la machine économique. Le ministre des Finances Palaniappan Chidambaram s’est dit vendredi confiant de pouvoir engranger une croissance d’au moins 6,0% sur l’exercice à fin mars prochain. Las, la volonté de réforme du Premier ministre est mise à rude épreuve.

Alors que des affaires de corruption ont conduit à la démission des ministres de la Justice et des Transports ferroviaires, les propositions de loi visant notamment à uniformiser la fiscalité, atténuer les restrictions à l’investissement étranger dans l’assurance ou à réformer l’accès public aux terrains, sont au point mort. Et, comme le souligne Nomura, la paralysie sera plus prononcée encore à partir de septembre en vue des élections attendues en mai 2014.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...