JPMorgan prend acte de l’inflation du coût des litiges
Depuis 2010, la banque a provisionné 28 milliards de dollars pour absorber le risque de litiges. Les dernières condamnations ont dépassé ses craintes
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Alexandre Garabedian
La bagatelle de 23 milliards de dollars. Tel est le montant colossal des provisions constituées par JPMorgan à fin septembre 2013 pour faire face au coût croissant des litiges qui touchent le secteur bancaire. Depuis le 1er janvier 2010, le géant de Wall Street a accru cette réserve, en brut, de 28 milliards de dollars. Elle en a déjà utilisé 8 milliards pour payer des accords amiables ou des décisions de justice. Ces sommes excluent les 2 milliards provisionnés pour racheter aux agences de crédit hypothécaires des titres adossés à des crédits accordés par la banque.
Sur le seul troisième trimestre 2013, le groupe a passé 9,2 milliards de provisions pour litiges, pour un impact sur le résultat net de 7,2 milliards, ce qui l’a fait tomber dans le rouge. JPMorgan, qui avait dégagé un résultat net de 5,8 milliards avant éléments exceptionnels, a accusé une perte de 380 millions, la première de l'ère Dimon. Pour le groupe, le gros des litiges provient encore des excès du marché immobilier américain avant 2007, puis de leur gestion après cette date. La banque les a notamment hérités de Bear Stearns et Washington Mutual, rachetées en 2008 au plus fort de la crise financière. Poursuivie en Californie pour la vente de titrisations immobilières, elle tente de négocier avec les autorités un règlement pour solde de tout compte. La rumeur évoque un montant de 11 milliards de dollars. Les discussions sont toujours en cours, a précisé vendredi Jamie Dimon, son patron.
Malgré cet effort financier, les provisions ne suffiront pas à couvrir 100% du coût des litiges. JPMorgan s’attend à «des pertes potentielles au-dessus des réserves» de 5,7 milliards de dollars, selon des estimations «raisonnables» faites en l’état actuel de ces connaissances. Toute la difficulté de l’exercice tient au fait que de nouvelles sources de condamnations apparaissent, au gré des enquêtes des régulateurs, et que ces derniers ont la main de plus en plus lourde.
«La charge de 9,2 milliards de dollars est bien plus élevée que ce à quoi nous nous attendions jusqu’à encore tout récemment, a reconnu Marianne Lake, directrice financière de JPMorgan, devant les analystes. Nous faisons face à des amendes et des pénalités très importantes: 11 d’entre elles sont allées beaucoup plus loin que ce que nous estimions raisonnablement». Pour ces raisons, les résultats des prochains trimestres risquent encore d’être volatils, a prévenu la banque.
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