JPMorgan prend acte de l’inflation du coût des litiges
La bagatelle de 23 milliards de dollars. Tel est le montant colossal des provisions constituées par JPMorgan à fin septembre 2013 pour faire face au coût croissant des litiges qui touchent le secteur bancaire. Depuis le 1er janvier 2010, le géant de Wall Street a accru cette réserve, en brut, de 28 milliards de dollars. Elle en a déjà utilisé 8 milliards pour payer des accords amiables ou des décisions de justice. Ces sommes excluent les 2 milliards provisionnés pour racheter aux agences de crédit hypothécaires des titres adossés à des crédits accordés par la banque.
Sur le seul troisième trimestre 2013, le groupe a passé 9,2 milliards de provisions pour litiges, pour un impact sur le résultat net de 7,2 milliards, ce qui l’a fait tomber dans le rouge. JPMorgan, qui avait dégagé un résultat net de 5,8 milliards avant éléments exceptionnels, a accusé une perte de 380 millions, la première de l'ère Dimon. Pour le groupe, le gros des litiges provient encore des excès du marché immobilier américain avant 2007, puis de leur gestion après cette date. La banque les a notamment hérités de Bear Stearns et Washington Mutual, rachetées en 2008 au plus fort de la crise financière. Poursuivie en Californie pour la vente de titrisations immobilières, elle tente de négocier avec les autorités un règlement pour solde de tout compte. La rumeur évoque un montant de 11 milliards de dollars. Les discussions sont toujours en cours, a précisé vendredi Jamie Dimon, son patron.
Malgré cet effort financier, les provisions ne suffiront pas à couvrir 100% du coût des litiges. JPMorgan s’attend à «des pertes potentielles au-dessus des réserves» de 5,7 milliards de dollars, selon des estimations «raisonnables» faites en l’état actuel de ces connaissances. Toute la difficulté de l’exercice tient au fait que de nouvelles sources de condamnations apparaissent, au gré des enquêtes des régulateurs, et que ces derniers ont la main de plus en plus lourde.
«La charge de 9,2 milliards de dollars est bien plus élevée que ce à quoi nous nous attendions jusqu’à encore tout récemment, a reconnu Marianne Lake, directrice financière de JPMorgan, devant les analystes. Nous faisons face à des amendes et des pénalités très importantes: 11 d’entre elles sont allées beaucoup plus loin que ce que nous estimions raisonnablement». Pour ces raisons, les résultats des prochains trimestres risquent encore d’être volatils, a prévenu la banque.
Plus d'articles du même thème
-
Paris cherche à préserver un vernis de crédibilité budgétaire
Pour éviter que les taux s’emballent et ne pèsent encore davantage sur les coûts de financement de la dette, le gouvernement a présenté son budget 2027 avec 43 milliards d’euros d’économies et hausse d'impôts largement réparties, mais préservant les investissements dans la défense. -
Paramount s'ouvre au prix fort la voie à sa mégafusion avec Warner
Paramount a conclu, mercredi 30 septembre, un accord avec douze Etats américains, ouvrant la voie à sa fusion à 110 milliards de dollars âprement négociée avec Warner Bros. Discovery. Il vient aussi de boucler une émission de dette de 52 milliards de dollars. Mais ce rachat lui coûtera bien plus cher que prévu en raison de la hausse des taux d'emprunt. -
Oddo BHF nomme un nouveau directeur général
Gonzague Depouilly rejoint le pôle Corporate Finance, avec un périmètre centré sur l’énergie et la défense.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- TotalEnergies va augmenter son dividende et réduire sa dette
- Le Crédit Agricole et UniCredit envisageraient de se partager l’italien Banco BPM
- Les successions font flamber les rémunérations aux Etats-Unis
Contenu de nos partenaires
-
Spiritueux d'exception : le sacre des métiers d'art
Les premiers crus dévissent, mais dans les chais et les ateliers, maîtres assembleurs, cristalliers et moines façonnent de nouveaux objets de désir. -
Des Michel-Ange pur sucre
Longtemps éclipsés par les chefs cuisiniers, les pâtissiers sont devenus de véritables têtes d'affiche. Une revanche dopée notamment par les réseaux sociaux. -
La relève au bout des doigts
Afin d'assurer la continuité de leurs ateliers, les Maisons de luxe multiplient les initiatives pour transmettre leurs savoir-faire et donner envie aux nouvelles générations de faire carrière avec leurs mains.