Jerome Powell lance la Fed vers plus d’inflation
C’est désormais clair : la Fed vise plus d’inflation. Le Comité de politique monétaire (FOMC) de la Réserve fédérale américaine a arrêté, jeudi à l’unanimité, sa revue stratégique et notamment l’objectif de stabilité des prix que la banque centrale se fixera dans les prochaines années. Ces deux points ont été révélés jeudi lors du (très attendu) discours de Jerome Powell, le président de la Fed, en ouverture du colloque annuel des banquiers centraux de Jackson Hole.
La Réserve fédérale américaine se donne désormais un objectif d’inflation moyen de 2% au fil du temps, ce qui devrait conduire à un assouplissement de sa politique monétaire sur le long terme. Elle estime qu’un « marché de l’emploi robuste peut être maintenu sans provoquer une flambée de l’inflation ».
Pas de formule mathématique
« Nous ne nous attachons pas à une formule mathématique particulière. Ainsi, notre approche pourrait être considérée comme une forme flexible de ciblage de l’inflation moyenne. Nos décisions concernant une politique monétaire appropriée continueront de refléter un large éventail de considérations et ne seront dictées par aucune formule. Bien entendu, si des pressions inflationnistes excessives se manifestaient ou si les anticipations d’inflation devaient monter au-dessus des niveaux compatibles avec notre objectif, nous n’hésiterions pas à agir », a expliqué le banquier central.
La nouvelle déclaration s’engage aussi à faire en sorte que les Etats-Unis ne s'éloignent pas d’un « objectif large et inclusif » d’emploi maximal, une expression qui fait référence à l'égalité raciale. « Notre communiqué révisé reflète notre appréciation des bienfaits d’un marché du travail fort, particulièrement pour beaucoup de membres des catégories à revenus bas ou modérés, et le fait que le marché du travail peut être durablement soutenu sans provoquer une augmentation indésirable de l’inflation », a insisté Jerome Powell.
La Fed avait lancé cette réflexion stratégique en novembre 2018, bien avant la pandémie de nouveau coronavirus. La Banque centrale européenne, qui a elle aussi engagé un travail sur sa stratégie, a ralenti ses travaux en raison de la crise du Covid-19.
Wall Street a ouvert en hausse après les annonces de la banque centrale tandis que le dollar cédait du terrain. Le rendement des bons du Trésor à dix ans reculait dans un premier temps, avant de repartir à la hausse.
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