Jean-Pierre Jouyet prend les rênes d’une CDC sous contrainte financière
Jean-Pierre Jouyet trouvera une pile de dossiers chauds dès son arrivée à la Caisse des dépôts. L’actuel président de l’AMF devrait prendre la direction générale de l’institution de la rue de Lille mi-juillet, une fois sa nomination approuvée par la commission de déontologie et par les commissions des Finances des deux assemblées.
Le successeur d’Augustin de Romanet et d’Antoine Gosset-Grainville agira sous contrainte financière. Affectée par la crise financière, la CDC doit veiller à investir «de manière plus sélective», affirmait mi-juin Michel Bouvard, l’ex-président de la commission de surveillance, elle aussi renouvelée dans les prochains jours. Dans le même temps, l’Etat en demande toujours plus à l’institution.
La Banque publique d’investissement (BPI) modifiera ainsi le champ d’intervention de la CDC. La proximité de Jean-Pierre Jouyet avec François Hollande laisse espérer un arbitrage favorable à la Caisse dans la constitution du nouvel ensemble. Reste à fixer tous les curseurs du projet, comme le statut de la holding, loin d’être neutre pour les exigences en fonds propres de la Caisse.
La gouvernance, censée associer les régions voire les syndicats, peut aussi laisser craindre une dispersion des ressources de la Caisse des dépôts. «La BPI naîtra des besoins locaux identifiés par le secteur privé, pas dans le bureau des services de l’Etat à Paris», a promis hier Pierre Moscovici, le ministre de l’Economie. La mission de préfiguration de la BPI rendra ses conclusions le 30 juillet.
Autre dossier épineux, Veolia Transdev. La Caisse s’est opposée à la vente au fonds Cube des 50% de Veolia Environnement dans leur filiale commune. L’équation financière est tendue: l’institution risque de déprécier encore sa participation et de renflouer le groupe de transports urbains. Si elle prend la majorité du capital, elle assumera aussi plus de 700 millions de dette. Sa structure de bilan devrait le lui permettre, avec 21,2 milliards de fonds propres (22,5% du passif).
Troisième chantier, Dexia. La restructuration est toujours soumise au bon vouloir de Bruxelles, ce qui renvoie au mieux à fin 2012 la création d’une banque des collectivités locales en France avec la Banque Postale. Et si Bruxelles augmente le coût des garanties données à Dexia, le groupe dégagerait une marge négative sur son portefeuille, avec des pertes à combler pour ses actionnaires.
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