Goldman Sachs prend la mesure de l’influence du trading automatisé
Goldman Sachs prend acte du changement de paradigme dans le négoce des actions aux Etats-Unis. Selon plusieurs médias financiers anglo-saxons, la banque américaine songe à quitter le floor du New York Stock Exchange en se délestant d’une activité anciennement connue sous le nom de Spear, Leeds & Kellogg. Acquise pour 6,5 milliards de dollars en 2000, elle pourrait être revendue au groupe néerlandais IMC Financial Markets pour 30 millions de dollars tout au plus. Goldman Sachs entend conserver l’activité d’exécution et de compensation.
Le groupe suit l’exemple de Bank of America qui a cédé en 2011 son activité de tenue de marché à Getco, un trader haute fréquence qui a fusionné l’an dernier avec Knight Capital. L’année précédente, LaBranche & Co, l’un des principaux market-makers, avait transféré son activité sur le floor à Barclays pour 25 millions de dollars. Face à l’offensive des acteurs électroniques, qui capte les volumes et rogne les bénéfices, Goldman Sachs prend du recul mais n’abandonne pas pour autant la partie. L'établissement gère sa propre plate-forme multilatérale de négociation (MTF) dénommée Sigma X et détient une participation dans Bats Global Markets.
Cette volonté de retrait intervient au moment où le trading haute fréquence, qui pousse à son maximum les capacités technologiques appliquées au trading, fait l’objet de critiques renouvelées. Il est d’ailleurs intéressant de noter que Goldman Sachs apparaît comme un soutien de poids pour IEX, un jeune dark pool qui a pour ambition d'ériger des barrières contre les traders à haute fréquence.
La publication outre-Atlantique du livre «Flash Boys : a Wall Street revolt», qui dénonce l’impact des traders haute fréquence sur le marché, coïncide avec de nouvelles actions des régulateurs. Le chef du département de la Justice, Eric Holder, a confirmé vendredi aux parlementaires américains l’ouverture d’une enquête sur le trading haute fréquence en raison d’un possible délit d’initié.
La SEC (Securities Exchange Commission), le régulateur des marchés boursiers américains, la CFTC (Commodity Futures Trading Commission), qui encadre les marchés à termes, et le FBI ont également lancé des investigations dans ce dossier.
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