Goldman Sachs perd la face dans le trading
En 2017, Goldman Sachs a signé sa pire année dans le trading. Si la firme de Wall Street a annoncé hier sa première perte trimestrielle en six ans, en raison d’une charge exceptionnelle liée à la réforme fiscale américaine, ses résultats marquent surtout un repli inédit dans le courtage. Au quatrième trimestre, les revenus de son métier phare ont chuté de 34% sur un an, plombés par le pôle de fixed income (taux, devises, matières premières) en repli de 50%. Ce métier historique de la banque signe sa plus faible performance depuis la crise de 2008 avec seulement 1 milliard de dollars de revenus trimestriels, alors que le consensus des analystes tablait sur près de 1,3 milliard.
Sur la période, le fixed income a été deux fois moins dynamique que chez Citi (2,4 milliards, en recul de 18%) et JPMorgan (2,2 milliards, -34%), mais aussi plus faible que chez Bank of America (1,7 milliard, -13%). Une contre-performance de nature à bouleverser la hiérarchie du secteur, où Goldman Sachs se hissait encore à la deuxième place mondiale, ex-aequo avec JPMorgan et derrière Citi, dans le classement 2016 du cabinet Greenwich Associates. Les résultats de Morgan Stanley, l’autre grande banque d’affaires de Wall Street, sont attendus aujourd’hui.
Pour tous, la base de comparaison est peu flatteuse, l’année 2016 ayant été marquée par une forte volatilité liée au Brexit et à l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis. Mais pour Goldman Sachs, une page semble néanmoins en train de se tourner. Sa division de fixed income a seulement généré 5,3 milliards de dollars de revenus sur l’ensemble de l’exercice 2017. C’est deux fois moins que le pic de 2012 (9,9 milliards) et quatre fois moins que le record de 2009 (21,9 milliards). La décrue a été généralisée, avec «des revenus significativement inférieurs dans les matières premières, dans les produits de taux d’intérêt, les changes et le crédit, et partiellement contrebalancés par des revenus significativement plus élevés dans les prêts hypothécaires (sauf au dernier trimestre, ndlr)», indique Goldman Sachs. La banque a notamment accusé des pertes dans le secteur du gaz et du pétrole et de la dette d’entreprises mal notées.
Ces revers questionnent le modèle de Goldman Sachs, encore très dépendant du trading. Pour autant, ses revenus globaux ont progressé de 4,8% l’an dernier, une première après des années de déclin. Reste à savoir si la diversification du groupe (conseil financier, gestion d’actifs, etc) suffira pour atteindre l’objectif de 5 milliards de revenus annuels supplémentaires d’ici à 2020.
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