Goldman Sachs et Morgan Stanley profitent de la volatilité des matières premières
Morgan Stanley a créé la surprise. La banque américaine a annoncé hier des revenus en hausse de 9% au premier trimestre dans ses activités de fixed income and commodities (taux change et matières premières), à 1,65 milliard de dollars (1,2 milliard d’euros). JPMorgan et Credit Suisse (premier européen à publier) ont accusé une baisse de 21% et Citi de 18%. BoA Merrill Lynch s’en sort bien à -2%, tandis que Goldman Sachs a limité la casse avec des revenus de fixed income en repli de 11%, à 2,85 milliards de dollars.
Comme Morgan Stanley, Goldman Sachs a mis en avant son dynamisme dans le trading de matières premières. «Les taux et les changes sont de plus grosses activités pour les grandes banques (Citi, BoA Merrill Lynch et JPMorgan, ndlr), tandis que les matières premières, qui ont connu un léger mieux ce trimestre mais partaient d’un point bas, et le crédit, qui a été plus résilient, sont des moteurs plus importants chez les bulge brackets (teneurs de marché, ndlr)», estime Devin Ryan, analyste de JMP Group cité par Bloomberg.
Sans détailler la contribution du trading de matières premières à leurs résultats trimestriels, Goldman Sachs et Morgan Stanley ont augmenté sa value at risk (VaR), à respectivement 21 et 20 millions de dollars. L’hiver très rigoureux en Amérique du Nord a entraîné une forte volatilité des cours de l’énergie, gagnante pour certains, perdante pour d’autres comme Cargill, dont les revenus ont baissé de 28% à fin mars.
Le trading d’énergie et autres ressources naturelles a rapporté l’an dernier 4,5 milliards de dollars aux dix banques les plus actives, selon la société d’analyse Coalition. Cela reste bien loin des 14 milliards de 2008, mais les deux banques peuvent tirer parti du retrait de certains concurrents. Si Morgan Stanely est en passe de céder son activité pétrolière au groupe russe Rosneft, JPMorgan sort carrément du courtage physique (vente, transport et stockage), vendu au genevois Mercuria pour 3,5 milliards de dollars.
Sa décision fait suite à une pénalité de 410 millions de dollars pour manipulation des cours de l'électricité et aux menaces d’interdiction du courtage physique aux banques américaines. Après la publication à l’automne d’un rapport très partial, ces dernières ont redit mardi leur opposition à cette mesure. Dans une lettre à la Fed, elles assurent que les bénéfices de l’activité «dépassent largement les risques potentiels».
Plus d'articles du même thème
-
Le luxe, le tourisme et le BTP reprennent des couleurs en Bourse grâce à l'accord américano-iranien
La chute du prix du pétrole liée à la perspective de la fin de la guerre au Moyen-Orient fait grimper les marchés en Europe. Certains secteurs en profitent particulièrement. -
Schneider va renforcer son expertise technologique dans l'IA grâce à Foxconn
L’équipementier électrique français a signé un partenariat stratégique avec le groupe électronique taïwanais en vue de développer une nouvelle génération de centres de données. -
La suspension des derniers modèles d'Anthropic illustre les faiblesses de l'Europe
Le gouvernement américain a ordonné à Anthropic, vendredi, de suspendre immédiatement l’accès à ses modèles d’IA Fable 5 et Mythos 5 pour tous les utilisateurs étrangers. Le modèle d’IA devient un actif stratégique pour Washington, au même titre que les puces et les infrastructures.
ETF à la Une
WisdomTree dévoile un ETF sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
Contenu de nos partenaires
-
Le concierge 2.0, chef d’orchestre de l’invisible
Exit l’image feutrée du concierge en livrée derrière un comptoir d’hôtel. A mesure que sa clientèle s’est mondialisée et que la possession a cédé du terrain à l’expérience, le métier a muté. A l’heure de l’IA, les concierges se réinventent en véritables chefs d’orchestre. -
Un comportement « erratique » : Jordan Bardella multiplie les critiques à l’égard de Donald Trump
Dans un entretien à Politico le 15 juin, Jordan Bardella critique le comportement « erratique » de Donald Trump. Le président du RN estime que l’Europe doit se préparer à un possible désengagement américain en matière de défense du continent -
Ecce écoPouvoir d’achat : un peu d’ambition pour la présidentielle !
Une vraie politique de pouvoir d’achat doit avoir pour ambition d’augmenter la taille du gâteau, c’est-à-dire de créer davantage de richesse