Glencore à nouveau devant la justice pour le pétrole
Glencore peine à mettre un terme à ses problèmes de gouvernance. Sberbank, la plus importante banque russe, vient de lancer une action en justice contre le groupe minier anglo-suissepour violation d’accords sur la fourniture de pétrole. Selon la plainte déposée auprès de la Cour arbitrale de Moscou, la banque russeentend recouvrer des arriérés de paiement émanant de sa filiale Glencore Energy. Cette requête porte sur «deux contrats d’un montant unitaire d’environ 58 millions d’euros», correspondant à un total de 116 millions d’euros.
Le premier contrat porte sur la fourniture en mars dernier d’un mélange de pétrole brut à la frontière de la Hongrie et de l’Ukraine et le second sur la fourniture de cet hydrocarbure à la frontière de l’Ukraine et de la Slovaquie durant ce même mois. Le conflit russo-ukrainien, qui a débuté fin février, est susceptible d’avoir eu un impact sur ces transactions. Le début des audiences est prévu le 6 décembre à Moscou.
Cette nouvelle affaire survient quatre jours après la condamnation du groupe à une amende de 281 millions de livres (322 millions d’euros) prononcée par un tribunal pénal londonien (Southwark Crown Court) pour des faits de corruption en Afrique. L’enquête, qui avait débuté en 2019, a prouvé que Glencore avait versé entre 2011 et 2016 plus de 28 millions de dollars (même montant en euros) de pots-de-vin, principalement en espèces, en vue d’obtenir des facilités d’accès au pétrole au Cameroun, en Côte d’Ivoire, en Guinée équatoriale, au Nigeria et au Soudan du Sud.
Le groupe, qui a plaidé coupable, souhaitait bénéficier de livraisons d’hydrocarbures plus importantes, d’une meilleure qualité de pétrole et de délais de livraison réduits. «Les comportements constatés sont inexcusables et n’ont pas leur place chez Glencore», a commenté dans un communiqué Kalidas Madhavpeddi, président du conseil d’administration. Le juge Peter Fraser a relevé jeudi non seulement des faits délictueux, «mais aussi des dispositifs sophistiqués pour les dissimuler, y compris le prélèvement d’importantes sommes en espèces à des fins déclarées légitimes, utilisées à des fins de corruption, comme des dépenses liées à l’ouverture d’un nouveau bureau».
Ces soucis interviennent moins de six mois après l’amende de 1,5 milliard de dollars à laquelle a été condamné Glencore pour régler des accusations de corruption et de manipulation du marché aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et au Brésil, à la suite d’opérations minières réalisées en République démocratique du Congo.
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