Gimv boucle des cessions record grâce à l’appétit des industriels

La société d’investissement européenne a dopé ses résultats en triplant ses sorties à 332 millions d’euros lors de son exercice 2014-2015.
Julien Beauvieux

Gimv poursuit le rajeunissement de son portefeuille de participations. Après avoir été très active il y a deux ans sur le front des investissements, notamment en France, la société d’investissement européenne basée en Belgique a triplé ses désinvestissements lors de son exercice 2014-2015, clos fin mars, à 332 millions d’euros. Au plus haut depuis 2008, ces sorties ont permis de porter de 39% à plus de 50% la part des investissements réalisés depuis moins de cinq ans.

Fait notable, plus de la moitié des cessions ont été bouclées auprès d’industriels. «A l’image des désinvestissements dans Actogenix, Covagen ou Prosensa, nous avons cédé plusieurs participations dans des sociétés de biotechnologies», souligne Frank de Leenheer, le responsable des relations investisseurs de Gimv. «Les groupes pharmaceutiques ont été particulièrement actifs ces derniers mois, car ils ont des bilans très sains et sont à la recherche de produits en phase avancée», ajoute-t-il.

Le fonds «health and care» a ainsi représenté 23% des désinvestissements, pour seulement 6% des investissements (hors participation de tiers). Après 195 millions d’euros en 2013-2014, ces derniers sont restés soutenus à 154,3 millions, dont 35,7 millions dans des sociétés déjà en portefeuille. Gimv a investi dans six nouvelles entreprises dont United Dutch Breweries, désormais son troisième plus gros ticket. La société a aussi réalisé un important «add-on» dans les cliniques Almaviva Santé, où elle était entrée en 2013.

Grâce à ces investissements et au rebond des marchés, la valorisation du portefeuille est demeurée quasi stable, à 920,2 millions d’euros, contre 931 millions à fin mars 2014. Bouclées à près du double de la valeur d’acquisition, les cessions ont permis de faire gonfler le résultat net de 15 à 136 millions d’euros, tandis que la trésorerie nette a plus que triplé, à 184,8 millions.

«Compte tenu des cessions intervenues depuis fin mars, notre trésorerie dépasse sensiblement les 200 millions d’euros, ce qui est légèrement supérieur à la part de liquidités dans notre bilan de 10-15% à partir de laquelle nous estimons être totalement investis», souligne Frank de Leenheer. Un montant qui permettra au groupe de conserver sa force de frappe pour saisir de nouvelles opportunités, tout en versant un dividende généreux. Stable à 2,45 euros, il représente un rendement brut de 5,8%.

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