Gide met en musique sa stratégie pluridisciplinaire à Paris

Le cabinet d’avocats d’affaires accueille l’ancien magistrat Patrick Ouart dans le domaine du contentieux et se renforce dans le «restructuring»
Antoine Duroyon

Malmené dernièrement par une vague de défections, et après l'échec du projet de rapprochement avec Veil Jourde mi-2013, Gide reprend l’initiative, comme l’illustre l’intégration à l’automne dernier de la quasi-totalité du bureau parisien de Morgan Lewis & Bockius. Depuis l’arrivée de ces 19 avocats (9 associés et 10 avocats), Gide enchaîne les nominations. A l’international, 9 avocats (dont 2 associés) du cabinet allemand Beiten Burkhardt l’ont rejoint en fin d’année, ainsi qu’un associé au bureau de Moscou, un autre au bureau de Shangai et un troisième au bureau de Varsovie.

A Paris, il étoffe sa pratique «restructuring» avec l’arrivée prévue début mars de deux nouveaux associés en provenance de Dentons, Gabriel Sonier et Caroline Texier. Dans le contentieux, Gide attire une pointure avec le recrutement en tant qu’associé mondial de Patrick Ouart, un ancien magistrat, familier à la fois de la sphère politique (ex-conseiller pour les affaires judiciaires de Nicolas Sarkozy) et du CAC 40 (ex-membre du comité exécutif de LVMH). «Il va nous permettre de développer et d’améliorer la stratégie judiciaire dans le cadre de grands contentieux civils et commerciaux», se réjouit Baudouin de Moucheron, associé senior du cabinet.

Au total, depuis 2013, le cabinet a intégré 34 avocats, dont 17 associés. Il a par ailleurs promu en interne 18 collaborateurs au rang d’associé (dont 7 associés mondiaux) et créé le rang de «counsel» avec la nomination de 19 collaborateurs. Gide compte aujourd’hui 620 avocats, dont la moitié hors de France, et 17 bureaux dans 14 pays.

«Nous poursuivons une stratégie différenciée à Paris et à l’international», rappelle Stéphane Puel, associé gérant de Gide. A Paris, le cabinet vante un modèle pluridisciplinaire pour concurrencer à la fois les cabinets de niche et les grands acteurs anglo-saxons, tandis qu’à l’étranger, il promeut une spécialisation des bureaux sur leurs points forts et développe un réseau européen de «best friends» là où triomphent déjà des champions nationaux (avec Gleiss Lutz en Allemagne, Chiomenti en Italie et Cuatrecasas en Espagne).

Gide, dont les revenus sont attendus à plus de 200 millions d’euros au titre de 2013, nourrit notamment des ambitions dans le contentieux, le M&A, ce qu’illustre la venue de l’équipe de Morgan Lewis, et vise un renforcement de sa présence auprès des fonds d’investissement et des grands clients américains.

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