François Villeroy de Galhau dessine un ministère des Finances de la zone euro
François Villeroy de Galhau a choisi le Forum des marchés émergents organisé à la Banque de France (BdF) hier et aujourd’hui pour exposer sa vision «d’une gouvernance économique efficace à l’échelle européenne». Pour le gouverneur de la BdF, «la zone euro peut et doit avancer sur la voie de l’intégration», sans «avoir peur d’une Europe à plusieurs rythmes». Il développe ainsi des idées déjà explorées dans le rapport des cinq présidents et par Benoît Coeuré.
S’appuyant sur des recherches britanniques et européennes, François Villeroy de Galhau estime que le coût de l’absence de coordination s’élève entre 2% et 5% du PIB depuis la crise. Sans aller jusqu’à proposer une intégration complète, il dessine les contours d’un ministère des Finances de la zone euro chargé de la «préparation d’une stratégie collective» pour soutenir une croissance durable et de sa mise en œuvre. Il reprendrait également les rênes de la gestion de crise, via notamment la supervision du Mécanisme européen de stabilité.
Au-delà de cette vision d’ensemble, le ministre des Finances devra définir des «objectifs de performances individuels», incluant réformes et orientations de la politique économique. Pour s’assurer du respect de ces objectifs par les Etats membres, ce ministère aurait l’autorité sur le système de sanction existant, auquel il faudrait adjoindre des incitations positives. Celles-ci pourraient être liées à un «fonds de convergence de la zone euro», autorisé à financer des projets d’infrastructures européennes ou liés à des politiques paneuropéennes, par exemple sur l’accueil des réfugiés. A terme, ce fonds de convergence pourrait évoluer vers un véritable budget de la zone euro, «si un accord est trouvé à la fois sur le financement et sur le niveau souhaitable de synchronisation».
Dans le détail, le gouverneur de la BdF reconnaît la nécessité d’un nouveau traité et envisage une nomination du ministre à la majorité qualifiée du Conseil européen, «sur proposition du président de la Commission», soumise à l’approbation du Parlement. Un «Trésor européen» l’épaulerait, constitué d’experts issus de la plupart des institutions économiques européennes. Enfin, le contrôle démocratique serait assuré via un «format zone euro» au sein du Parlement européen, et des liens renforcés entre députés européens et nationaux.
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