Fimalac réduit son exposition au secteur financier
L’occasion était trop belle. Fimalac a annoncé hier la cession à IBM de sa filiale Algorithmics, logée chez Fitch, pour 387 millions de dollars (270 millions d’euros) en cash. La société, basée à Toronto, fabrique des logiciels d’analyse des risques utilisés par des acteurs de la finance tels que la Société Générale, Allianz ou HSBC.
Plusieurs raisons expliquent le choix de la holding de Marc Ladreit de Lacharrière. Le prix offert, d’abord. Le groupe avait acheté Algorithmics en janvier 2005 pour 175 millions de dollars. Son prix de revient est aujourd’hui estimé dans les livres de Fitch à 96 millions, ce qui permettra à l’agence de notation, et donc à Fimalac, son actionnaire à 60%, de dégager une belle plus-value. Une perspective qui a permis au titre Fimalac de gagner 7,36% hier à 26,26 euros.
Le prix payé par IBM paraît d’autant plus généreux qu’Algorithmics affiche des pertes courantes en raison d’amortissements élevés. Sur le semestre clos à fin mars, son Ebitda a cependant progressé de 20% sur un an, à 6,7 millions de dollars. Ce qui donne un multiple de valorisation de 29 en base annualisée.
Céder la société à un industriel de la taille d’IBM permettra aussi d’accélérer les investissements en recherche et développement nécessaires à la croissance de l’activité. De la loi américaine Dodd-Frank à Bâle 3, les relais de croissance dans les métiers de l’analyse du risque ne manquent pas.
La transaction fera enfin reculer l’exposition de Fimalac au secteur financier en termes de revenus. Au premier semestre, Algorithmics représentait 20% des 342 millions d’euros de chiffre d’affaires du groupe. Fimalac a déjà cédé en deux temps, en 2006 et fin 2009, 40% du capital de Fitch au groupe américain Hearst.
Les derniers investissements de la holding ont tous été destinés aux secteurs de l’immobilier et des loisirs: à la City (dès 2007), dans l’exploitation des salles de spectacles Zenith en France (100%) et dans la société de production Gilbert Coullier (40%), et cette année dans le Groupe Lucien Barrière (40% pour 186 millions d’euros) et la Société fermière du casino municipal de Cannes (10% pour 35 millions). Dernier investissement en date, le projet Arena qui abritera les matchs de rubgy du Racing-Metro 92 et des spectacles.
Plus d'articles du même thème
-
« Wall Street s’inquiète peut-être, mais Main Street va bien »
Florian Ielpo, responsable de la recherche macroéconomique chez Lombard Odier IM. -
«Notre vision plus constructive reflète une amélioration de l’éventail des opportunités»
Felix Freund, responsable du crédit des marchés développés chez Aberdeen Investments. -
PARTENARIATDette AT1 : trop d’acheteurs pour trop peu de papier ?
Entre offre et demande : décryptage des ressorts techniques d’un marché difficile à ignorer.
ETF à la Une
Defiance lance le premier ETF Ucits dédié aux «Sept Magnifiques»
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Applaudimètre« Même si vous ne m’aimez pas » : au Bourget, la démonstration de force de Jean-Luc Mélenchon
Devant plus de 20 000 personnes selon les organisateurs, le candidat insoumis a présenté samedi la version actualisée de son programme L'Avenir en commun. Pour espérer battre Marine Le Pen, il compte sur des « causes communes » plutôt que sur des concessions. -
Sécurité européenne : les dirigeants européens rejettent le projet d’accord de Trump avec Moscou
Donald Trump promet la conclusion d’un vaste accord avec la Russie qui pourrait concerner « toute l’Europe ». À quelques jours de la reprise des pourparlers sur l’Ukraine à Abou Dhabi, les Européens préviennent que la sécurité du continent ne se négociera pas sans eux -
Introduction en Bourse d’Anthropic : le krach des valeurs de l’IA fait fondre la valorisation espérée
Après la chute historique du Nasdaq jeudi, les investisseurs intéressés par l’introduction en Bourse du créateur de Claude n’évoquent plus qu’une valorisation comprise entre 1 100 et 1 300 milliards de dollars, très loin des 2 000 milliards encore envisagés début octobre