Fannie Mae et Freddie Mac sont les encombrantes victimes de la manipulation du Libor

Les agences de refinancement hypothécaires auraient dans l’affaire subi une perte de plus de 3 milliards de dollars et sont incitées à porter plainte
Benoît Menou
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Le scandale de manipulation des taux interbancaires semble voué à occuper pour un moment encore le devant de l’actualité financière internationale. En témoigne l’implication, en qualité de victimes encombrantes au regard de leur place centrale dans le financement immobilier aux Etats-Unis, des agences de refinancement du crédit hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac.

Elles auraient en effet subi entre septembre 2008 et le deuxième trimestre 2010 des pertes supérieures à 3 milliards de dollars du fait des manœuvres des banques dans la détermination du Libor. Une évaluation de l’Inspecteur général du régulateur des deux agences, la FHFA (Federal Housing Finance Agency), sur la base des documents financiers publics des agences.

Ce document à usage interne, consulté en premier lieu par le Wall Street Journal, et dévoilé quelques jours seulement après qu’UBS a convenu de verser 1,2 milliard d’euros pour mettre un terme aux poursuites des autorités américaines, suisses et britanniques sur le sujet, ne se prive pas d’inviter les agences à envisager des poursuites à l’encontre des banques.

Le rapport de l’Inspecteur général, organe indépendant de contrôle mis en place en 2008, ne s’avère pourtant être qu’une pièce du puzzle devant dessiner l’impact du scandale sur Fannie Mae et Freddie Mac. Daté du 26 octobre, le document incite la FHFA à requérir de la part des deux agences des études approfondies, internes ou externes.

Mais le Wall Street Journal croit savoir que l’enquête a débuté l’été dernier, l’Inspecteur faisant état de ses résultats préliminaires dès septembre au régulateur et à ses deux protégées. Qui plus est, les agences auraient d’ores et déjà mandaté le cabinet d’avocats Dickstein Shapiro pour les aider à évaluer l’ampleur des dégâts et à présenter une analyse comparative du coût et du bénéfice possible de toute action qui pourrait être engagée en justice.

Quand bien même la perte estimée de 3 milliards de dollars doit être rapprochée d’un portefeuille d’actifs liés au Libor de près de 1.000 milliards, la mise au jour des inquiétudes concernant Fannie Mae et Freddie Mac tombe mal pour les banques soupçonnées d’avoir perturbé le fonctionnement du marché.

Sauvées de la déroute en 2008, les agences ont en effet déjà coûté au contribuable américain plus de 130 milliards de dollars. La semaine passée déjà, deux Sénateurs républicains ont demandé des comptes à l’Inspecteur de la FHFA.

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