Euronext va renforcer ses coupe-circuits après l’affaire Vinci
L’AMF a dressé une liste de recommandations visant à limiter les conséquences sur le marché de la publication de faux communiqués.
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Olivier Pinaud
L’AMF propose de réformer les mécanismes de sécurité des cotations d’Euronext.
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L’Autorité des marchés financiers n’a pas encore désigné le coupable. Mais 3 mois après l’affaire des faux communiqués Vinci, qui avaient fait s’effondrer de 18,28% en séance le cours de l’action du groupe de BTP et de concessions, l’AMF a dressé une série de recommandations visant à «prévenir la survenance de tels incidents, ou à tout le moins, à limiter leurs conséquences sur le marché».
L’AMF propose de réformer les mécanismes de sécurité des cotations d’Euronext. Le 22 novembre, «la valeur Vinci a été réservée trois fois, deux fois à la baisse et une fois à la hausse après la diffusion du démenti de l’émetteur», rappelle l’AMF, le cours ayant dépassé le niveau des seuils statiques des coupe-circuits. Actuellement, dès que le carnet d’ordres suggère une variation, à la hausse ou la baisse, de plus de 10% d’une action par rapport au prix d’ouverture, la cotation est suspendue. «L’AMF a demandé à Euronext de revoir le niveau du seuil statique pour les valeurs du CAC 40, de façon à suspendre plus rapidement les négociations en cas de variations de cours importantes», indique le régulateur. L’objectif serait donc de réduire le seuil sous les 10%. Euronext, qui a participé au groupe de travail de l’AMF après l’affaire Vinci, ne souhaite pas encore s’engager sur un nouveau seuil, précisant que la décision doit d’abord être validée par le collège des régulateurs de ses différents marchés.
Par ailleurs, «suite à l’activation d’un coupe-circuit, il appartient à l’entreprise de marché de décider du moment auquel les négociations peuvent reprendre», indique l’AMF. Actuellement, la suspension dure au minimum 2 minutes, le temps pour Euronext de procéder à des vérifications. Ce délai pourrait être prolongé, l’AMF ayant demandé à Euronext de «mieux sécuriser la décision de réouverture pour assurer une reprise ordonnée des négociations».
Enfin, l’AMF s’adresse aux émetteurs et aux agences de presse. Elle appelle les sociétés cotées à «envoyer simultanément aux diffuseurs professionnels tout communiqué adressé aux agences de presse» et à «communiquer autant que possible en dehors des périodes de cotation». Elle recommande aux agences de presse, en plus de leurs processus actuels, de vérifier l’information auprès du canal des diffuseurs agréés par l’AMF. Cette dernière a prévu de publier sur son site internet une liste indiquant le nom du diffuseur retenu par chaque émetteur coté sur Euronext.
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