Eurogroup veut relancer son expansion sectorielle et géographique
Alors que les temps sont difficiles pour les métiers du conseil et que la consolidation menace les acteurs de taille insuffisante, Eurogroup Consulting veut changer de dimension. Ceci passe notamment par une évolution de ses structures. Jusqu’ici société anonyme simplifiée (SAS) dirigée par un duo président et directeur-général, le cabinet se transforme en SAS à conseil de surveillance et comité exécutif.
Francis Rousseau, le président co-fondateur du cabinet il y a trente ans, a donc passé la main le 11 mai dernier à Gilles Bonnenfant, qui sera officiellement nommé le 1er septembre (date du début de l’exercice fiscal d’Eurogroup). En tant que premier président du nouveau conseil, Francis Rousseau aura la charge de l’évolution patrimoniale du cabinet, qui défend farouchement son indépendance. Alain Guyot, le directeur général, a intégré le conseil de surveillance (non exécutif). Le comité exécutif, déjà opérationnel, est composé de onze membres, sur les 32 associés que compte Eurogroup.
«Pour l’ensemble de la profession, les années passées ont été difficiles», explique Gilles Bonnenfant. Le cabinet a d’ailleurs connu un recul de ses revenus, à 55 millions d’euros. Pour se faire une place dans la cour des grands, le nouveau président annoncera un plan à 100 jours le 1er septembre. Organisé en marchés, lesquels regroupaient plusieurs secteurs, le cabinet est désormais divisé en sept secteurs; chaque associé s’est spécialisé. Alors que l’expertise d’Eurogroup est reconnue dans les banques, l’assurance, l’énergie et le secteur public, la sectorisation doit lui permettre de pousser ses pions dans l’industrie, le commerce, la communication et les transports.
L’objectif est d’augmenter les revenus de 8% à 10% dès 2012-2013, avec des moyens humains renforcés. «Nous comptons recruter entre 60 et 70 consultants au cours de cet exercice, dont deux tiers de jeunes diplômés d’écoles», ajoute-t-il. Eurogroup veut aussi s’étendre à l’étranger. L’équipe au Portugal étudie par exemple la réouverture du bureau brésilien, fermé il y a quinze ans. «Nous souhaitons pouvoir accompagner davantage nos clients exportateurs ou qui souhaitent s’orienter davantage vers l’exportation», explique Gilles Bonnenfant. Une filiation revendiquée avec la stratégie du cabinet allemand Roland Berger. Eurogroup exclut une acquisition d’un concurrent, mais tente de convaincre plusieurs équipes de le rejoindre.
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