Eurazeo s’appuie sur la Bourse de Paris pour vendre Elis et Europcar
A l’occasion de la publication de ses comptes semestriels, Eurazeo a confirmé ce que le marché pressentait depuis plusieurs mois: «Nous nous attacherons à travailler sur les IPO [initial public offering, ndlr] d’Elis et d’Europcar. Ces sociétés ont démontré qu’elles s’étaient transformées et qu’elles étaient capables d’accueillir des investisseurs boursiers», a indiqué Patrick Sayer, le président de la société d’investissement cotée.
Le projet d’Europcar –prévu début 2015– sanctionne son redressement sous l’égide de Roland Keppler, arrivé en 2012 pour un mandat de 3 ans et parti en juillet. Le leader européen de la location de véhicules a multiplié son corporate Ebitda –hors frais de gestion de flotte– semestriel par 2,3 (à 41,5 millions).
Elis poursuit la croissance de ses revenus (+7,3% à 644 millions) grâce à son expansion à l’étranger (désormais 28% de son activité). Son Ebitda a progressé de 10% au premier semestre 2014, à 209 millions (soit une marge de 32,5%). L’IPO est programmée à l’automne 2014.
Eurazeo a toutefois accusé une perte nette de 92,8 millions d’euros, contre un bénéfice proforma de 364,7 millions un an plus tôt: un tel écart s’explique par l’absence de cessions significatives et la progression des charges non récurrentes, liées notamment au redressement judiciaire de 3SPhotonics, victime des inondations en Thaïlande en 2011. Sur la période, Eurazeo a enregistré 63,8 millions d’euros de plus-values, alors que celles-ci s'élevaient à 580,5 millions d’euros au premier semestre 2013, grâce en particulier à la vente d’Edenred (pour 417 millions).
Mais les analystes ont préféré retenir le désendettement d’Eurazeo (-19,4% à 2,84 milliards d’euros) et la forte progression de son actif net réévalué (ANR). La holding annonce en effet un ANR par action de 70 euros (+27%). Il atteint 67,7 euros au 18 août, mais ce montant «reste prudent dans la mesure où il n’intègre pas pleinement la croissance des participations sur l’ensemble de l’année 2014», notent les analystes d’Oddo. Eurazeo indique que cela reflète sa méthode de calcul, qui valorise les actifs de moins d’un an à leur prix de revient. Sans cela, Patrick Sayer évalue l’ANR à 73 euros.
Le patron d’Eurazeo considère d’ailleurs «insupportable» la décote de 43% du titre sur l’ANR. «Dès demain [aujourd’hui, ndlr], nous interviendrons à nouveau sur notre titre», comme au deuxième semestre 2013. L’action a progressé de 2,17% hier (à 54,50 euros), après s’être adjugé 3,4% lundi.
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