Eurazeo reste en perte mais retrouve des marges de manœuvre
Comme en 2011, Eurazeo a été déficitaire l’an dernier. La société cotée d’investissement a publié hier une perte nette de 198 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires de 8,3 milliards (+2,9%). Le groupe a souffert de la hausse des taxes (50 millions contre 2 millions en 2011) et surtout de 298 millions d’éléments non récurrents (219 millions un an plus tôt). Outre 84 millions d’euros de dépréciations de survaleur (principalement Elis et Fraikin), ces charges incluent l’impact de la restructuration d’Europcar et les moins-values liées à la cession d’immeubles d’ANF Immobilier et de Motel 6 par Accor.
«Au-delà des opérations non récurrentes, il faut regarder la contribution des sociétés en portefeuille pour lire l’avenir du groupe. Elle a progressé de 73%, à 238 millions d’euros. Notre résultat social n’a jamais été négatif depuis onze ans et atteint 101 millions d’euros en 2012», pointe Philippe Audouin, directeur financier d’Eurazeo qui maintient son dividende à 1,2 euro et propose une action gratuite pour 20 détenues.
«Nous avons une structure financière plus solide que jamais et des capacités d’investissement», assure Patrick Sayer, président du directoire. Eurazeo a doublé sa trésorerie, à 642 millions d’euros, en cédant ce mois-ci sa participation dans Edenred pour 295 millions. Au total, le groupe indique disposer d’une capacité d’investissement d’un milliard, dans l’hypothèse d’un tirage partiel de sa ligne de trésorerie d’un milliard. Il cherche des cibles dans le luxe, les nouvelles technologies, la santé, l’énergie et les services financiers. Eurazeo a réduit sa dette consolidée de 4,5%, à 6 milliards d’euros (4,5 milliards une fois retraitée des titres Danone). Il compte poursuivre les cessions enclenchées en mars 2012 avec un premier bloc de titres Rexel. Depuis douze mois, le total des ventes atteint 956 millions d’euros contre 419 millions de 2008 à 2011, après le déclenchement de la crise financière. La rotation de l’actif net réévalué (ANR) atteint 14% depuis le début de l’année, après 13% en 2012. Responsable des investissements, Virginie Morgon a confié au Financial Times que Moncler pourrait entrer en Bourse fin 2013 ou début 2014.
A 3,9 milliards d’euros au 11 mars, «l’ANR est légèrement supérieur à nos estimations : nous retenions 3,6 milliards d’euros, écrit Oddo Securities. Dans le détail, nous retenons une contribution des actifs non cotés de 2,297 milliards d’euros contre 1,774 milliard d’euros au 30 juin 2012, qui constitue l’essentiel de la différence avec nos attentes».
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