Eurazeo doit soutenir Europcar pour assurer son refinancement
Après 15 jours de disette, le marché obligataire high yield s’est rouvert vendredi dernier au refinancement de LBO. Mais au prix fort, comme Europcar en a fait l’expérience. Le loueur de véhicules contrôlé par Eurazeo est certes parvenu à placer 324 millions d’euros de titres à 5 ans destinés à remplacer des obligations d’échéance mai 2013, mettant ainsi le point final à la vaste restructuration de dette qu’il négociait depuis des mois. Il a dû cependant relever son prix et appeler son actionnaire de référence à la rescousse pour vaincre les réticences initiales des investisseurs.
La taille du placement a ainsi été ramenée de 335 à 324 millions et le rendement offert porté à 14% contre une fourchette initiale de 12 à 12,5%. Avec coupon de 11,5%, les titres ont donc été vendus largement en dessous du pair. Certaines clauses (comme le rachat anticipé) ont aussi été supprimées ou amendées.
Surtout, Eurazeo, qui s’était engagé fin avril à injecter 90 millions d’euros de fonds propres dans sa filiale pour convaincre les investisseurs, a finalement dû relever ce montant à 110 millions d’euros «avec des co-investisseurs». Il s’agit d’un prêt subordonné qui sera converti en actions. Pas moins de huit banques ont travaillé sur l’opération, dont Deutsche Bank, CA CIB, Goldman Sachs, JPMorgan, SG CIB et RBS comme chefs de file.
Europcar partait avec des handicaps: une restructuration à vendre, une équipe de direction à peine nommée et encore peu connue des gérants, des obligations 2017 plus liquides qui pouvaient avoir la préférence des investisseurs, et des titres subordonnés émis avec une notation assez basse dans la catégorie high yield (Caa1/B-). Le contexte de marché a aussi joué en sa défaveur. «Entre l’annonce du deal et son lancement, Europcar s’est trouvé en concurrence avec plusieurs transactions d’émetteurs mieux notés, comme Lecta, confie un banquier. Les investisseurs se sont montrés plus difficiles dans leur choix.»
Un autre LBO en restructuration, Monier, testait le marché vendredi. En avril, le fabricant de matériaux de couverture a obtenu de ses créanciers un rallongement de ses échéances bancaires, mais avec la promesse d’un remboursement via une émission obligataire. Il devait émettre 250 millions d’euros à 7 ans à un rendement d’environ 10%.
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