Eramet impose un traitement de choc à sa branche nickel
Investissements industriels limités à la sécurité et à la maintenance, suspension des grands projets, cessions d’actifs et renforcement «très significatif» du plan de réduction des coûts de sa filiale SLN... Eramet s’impose un traitement de choc pour tenter de limiter les conséquences de la chute des cours du nickel. Ils ont plongé de 42% en 2015, la plus forte baisse de tous les métaux. Le minerai est pris en étau: d’un côté, les ventes mondiales d’acier inoxydable, premier débouché du nickel, ont stagné en raison du ralentissement en Chine; de l’autre, les producteurs ont continué à extraire du minerai, gonflant les stocks, quitte à produire à perte. Selon Eramet, 70% des installations dans le monde sont déficitaires aux cours actuels.
La branche nickel d’Eramet a essuyé une perte opérationnelle de 261 millions d’euros en 2015, envoyant tout le groupe dans le rouge. En ajoutant 668 millions d’euros de dépréciations d’actifs, la perte nette d’Eramet se monte à 714 millions. Conséquence, pour la troisième année consécutive, le groupe minier ne versera pas de dividende.
L’endettement net a doublé
Avec 1,6 milliard d’euros, dont 980 millions de crédit syndiqué tiré en janvier 2016, Eramet dit disposer d’une «liquidité importante». Mais la situation se tend dangereusement. Son endettement net a doublé pour monter à 878 millions fin 2015. Le ratio dette nette sur capitaux propres après dépréciations s’élève à 49%, encore assez loin de la limite de 100% fixée par le covenant. Mais il n’était que de 7% il y a seulement 2 ans.
Eramet doit donc réduire encore les coûts de la SLN pour abaisser son niveau d’équilibre. Les économies de 2015 ont permis de ramener à 6 dollars la livre de nickel le «cash cost» de l’usine du Doniambo à Nouméa. Mi-février, la livre de nickel est tombée sous les 3,5 dollars et elle évolue sous les 6 dollars la livre depuis le printemps 2015.
Dans ce contexte, la question d’une recapitalisation d’Eramet risque de se poser à terme. Depuis plusieurs mois, l’Etat réfléchit à transférer la part de 25,66% détenue par Bpifrance au capital d’Eramet vers l’Agence des participations de l’Etat. «Le secteur minier correspond plus aux prérogatives de long terme de l’APE», explique une source proche. Bpifrance, qui a hérité de sa part dans Eramet de l’ancien FSI, qui avait lui-même acquis le bloc auprès d’Areva pour soulager les finances du groupe nucléaire, a déjà fort à faire avec CGG et Vallourec.
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