En France, l'épargne populaire est un mythe
L’encours de l'épargne dite populaire est de plus en plus concentré entre les mains des ménages aisés. A la fin du mois de décembre 2014, le nombre de livrets crédités de plus de 19.125 euros représentait 8% du nombre total de livrets, mais plus de 42% de l’encours total, contre 39% en 2013, selon le rapport de l’observatoire de l'épargne réglementée présenté hier par la Banque de France. De manière encore plus frappante, l’encours des livrets d’un montant supérieur à 22.950 euros, soit le plafond actuel du livret A, hors capitalisation des intérêts, a augmenté de 22 milliards d’euros en un an.
Ce mouvement de concentration, déjà enregistré par la Banque de France en 2013, est intervenu à la faveur des augmentations successives du plafond du livret A. Le livret de développement durable (LDD), dont le plafond a été relevé de 6.000 à 12.000 euros en octobre 2012, connaît le même mouvement de concentration. Les livrets crédités de plus de 12.000 euros représentaient en 2014 14% du nombre total de livrets, mais 41% de l’encours.
Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, s’est dit soucieux que l'épargne à risque, du fait de sa fiscalité, soit délaissée au profit des livrets défiscalisés. «C’est un sujet de préoccupation sachant que l’innovation, la créativité, qui par nature comprennent une part de risque, sont indispensables à la croissance et à l’emploi, surtout dans un univers économique mondialisé et fortement concurrentiel», a-t-il déclaré.
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