En Europe, tous les marchés actions ne sont pas égaux
Les places boursières ont terminé la semaine dans le rouge après la publication d’un indice PMI montrant une contraction inattendue de l’activité dans le secteur des services aux Etats-Unis, le poumon de l’économie américaine. A Wall Street, l’indice S&P 500 a cédé 0,9% sur la semaine et en Europe l’Euro Stoxx 50 a perdu 1,1%, les investisseurs se montrant inquiets des conséquences de l’épidémie de coronavirus sur l’économie mondiale alors que le nombre de cas commence à augmenter hors de Chine.
Jusqu’à présent, les marchés actions ont pourtant étonnement bien résisté et conservent une belle avance depuis le début de l’année. «Les actions ont continué de défier la gravité et les menaces du Covid-19, souligne Emmanuel Cau, stratégiste actions chez Barclays. Mais si l’on regarde sous la surface, la fuite des investisseurs vers les valeurs refuges est évidente.» Ce qui est plus particulièrement visible sur les styles de valeurs. Les titres décotés (style value) sous-performent les actions dites de croissance (growth) d’environ 5% depuis le début de l’année, constate le stratégiste.
Même si l’impact du Covid-19 sur la croissance mondiale est au final contenu et transitoire, cette épidémie accroît clairement le risque baissier d’une économie mondiale déjà fragile. Le thème des taux longs toujours plus bas, toujours plus longtemps domine à nouveau le marché, alors que les perspectives de croissance sont revues en baisse, que les prix du baril de pétrole ont chuté de 12% (-21% au plus bas) depuis janvier et que les investisseurs commencent à anticiper de nouveaux assouplissements monétaires.
«La rotation de style vers les valeurs refuges est également évidente au niveau régional», observe par ailleurs Emmanuel Cau. C’est le cas entre l’Europe, dont le biais est orienté vers la value (énergie, banques, matières premières…) et les Etats-Unis où la croissance, plus particulièrement le secteur de la technologie, contribue à l’essentiel de la hausse. Mais également entre marchés européens. De fait, c’est le marché dont le biais value est le plus marqué qui réalise la pire performance depuis janvier : la Bourse de Londres. L’indice FTSE 100 cède 1,8%. Ce marché est affecté par sa forte pondération en valeurs de l’énergie et de matières premières. A la Bourse de Paris, le CAC 40 ne gagne que 0,9%, contre un indice Euro Stoxx 50 en hausse de 1,5% et un Dax en progression de 2,5%. A l’inverse, toujours en Europe, la Bourse Suisse profite d’une plus grande pondération en valeurs de croissance : l’indice SMI gagne 4,7% depuis le début de l’année.
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