Emmanuel Macron veut flécher les gros investissements vers la tech
Emmanuel Macron veut attirer plus d’investissements pour l’innovation – et faire de Paris le siège d’un futur Nasdaq européen (voir par ailleurs). Des banquiers et assureurs français l’ont promis : en tant que grands investisseurs institutionnels, ils vont investir 5 milliards d’euros pendant trois ans dans les start-up françaises émergentes, comme l’a annoncé le président, mardi soir, sous les lambris de l’Elysée. Très à l’aise devant le gratin des start-up et du capital-risque, réunis à l’occasion du «France Digitale Day», une convention organisée par France Digitale, le président, qui avait fait campagne sur la «start-up nation», a lancé son offensive. Il veut défendre une «souveraineté économique et technologique», et faire émerger «25 licornes (ces entreprises non cotées valorisées plus d’un milliard de dollars) d’ici 2025», sur le modèle de Doctolib ou Blablacar.
«La bataille des capitaux, elle est essentielle. Si on veut gagner la bataille, on doit réussir à lever plus vite, plus fort, et plus de capitaux», a-t-il souligné mardi. Si les start-up tricolores trouvent facilement de l’argent pour se financer dans les premières étapes, notamment via Bpifrance, leur parcours devient plus difficile lorsqu’il faut trouver des investisseurs capables de miser au moins des dizaines de millions d’euros.
Depuis plusieurs mois, l’exécutif sollicitait banques, assets managers et assurances tricolores «pour créer des fonds de capital-développement dotés de plus d’un milliard d’euros», précisait mardi l’Elysée à l’agence Reuters. Concrètement, sur les 5 milliards d’euros promis, «2 milliards [iront] vers les fonds plus ‘late stage’, qui misent sur des montants se chiffrant en dizaines de millions d’euros dans des start-up déjà en croissance», a précisé Emmanuel Macron, et «3 milliards iront vers des gestionnaires d’actifs» des fonds investissant dans la tech en Bourse. Natixis, Aviva, Allianz, ou encore Axa, qui a promis 250 millions d’euros, et le Crédit Mutuel Alliance Fédérale (200 millions d’euros) sont partie prenante. L’Elysée escompte une dizaine de fonds de plus d’un milliard à l’horizon 2022. Il espère que les investisseurs étrangers permettront de «doubler» la mise.
Après avoir été longtemps en queue de peloton, la «French Tech» a décollé ces dernières années grâce à un meilleur accès au financement. Les levées de fonds réalisées en France ont représenté 2,8 milliards d’euros en 2017, 3,6 milliards en 2018, et devraient attendre plus de 5 milliards cette année.
Plus d'articles du même thème
-
Le Japon affirme sa normalisation monétaire en remontant ses taux
La Banque du Japon a relevé son principal taux directeur à 1,25%. L’absence de consensus au sein du Comité de politique monétaire laisse toutefois un doute sur le rythme qui sera adopté à l’avenir. -
Les robots humanoïdes pourraient aussi envahir les usines
Portées par les avancées de l’IA, les entreprises testent également ces machines dont la morphologie facilite l’intégration à moindre coût dans le secteur industriel. Avec là aussi, au-delà des gains financiers possibles à court terme, des risques macroéconomiques liés à cette polyvalence à plus long terme. -
Kevin Warsh a plutôt rassuré les marchés
Le nouveau président de la Fed n’a pas déçu les attentes d’une hausse de taux après son revirement «restrictif» de Jackson Hole. De quoi renforcer sa crédibilité malgré les tweets toujours contradictoires de Donald Trump. Les autres membres du FOMC affichent encore pour la suite une certaine prudence, qui devrait quand même les amener à une hausse de taux supplémentaire jusqu’à 4,25%.
ETF à la Une
La majorité des investisseurs professionnels sont prêts à basculer leurs encours vers des ETF actifs
- Axa place la conquête au coeur de son nouveau plan stratégique
- La Société Générale mise sur une meilleure éducation financière des femmes
- La coûteuse ardoise de la frilosité des épargnants français
- Axa veut passer à l’échelle dans l’IA
- En plein défi réglementaire, Revolut fait face à une cyberattaque
Contenu de nos partenaires
-
À Ghemme, Loro Piana tricote son avenir
Loro Piana a choisi d’écrire un nouveau chapitre de son histoire à Ghemme, dans le Piémont. La griffe, connue notamment pour son cachemire d’exception, vient d’y ouvrir une nouvelle manufacture, entièrement dédiée au travail de la maille. -
Match serréSur les bords de la Baltique, la gauche allemande résiste à la vague bleue de l'extrême droite
Le SPD talonne l’AfD en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, où les électeurs sont appelés aux urnes dimanche -
OmbreEn vendant le F-35 à l'Arabie Saoudite, Washington risque-t-il de l'offrir à la Chine ?
L’Administration Trump a donné son aval pour la vente de 48 avions furtifs F-35 à Riyad. Ce projet de contrat nourrit les craintes de certains observateurs au sujet des pactes liant l'Arabie saoudite et Pékin