Donald Trump relance l’escalade commerciale avec Pékin
Alors que Pékin faisait état mercredi d’échanges «sincères, efficaces et constructifs» avec la délégation américaine venue discuter des questions commerciales à Shanghai, la confiance de Donald Trump envers la première économie asiatique laissait manifestement à désirer. Le président américain a en effet décidé hier soir d'élargir la mise en place de droits de douane supplémentaires à de nouvelles importations en provenance de Chine.
Dans une série de tweets, le président américain a précisé que son administration allait infliger à compter du 1er septembre prochain «de petits droits de douane supplémentaires de 10% sur les 300 milliards de dollars» (271 milliards d’euros) de marchandises jusqu’à présent épargnées. Additionnés aux droits de douane supplémentaires de 25% déjà imposés à 250 milliards de dollars de biens chinois, c’est la totalité des importations venant de l’empire du Milieu qui sera dorénavant surtaxée. Les nouvelles taxes viseront toute une série de biens de consommation courante comme les téléphones et ordinateurs portables, les jouets, les chaussures ou les vêtements.
Donald Trump, qui compte toujours parvenir à «un accord commercial complet» avec la Chine, justifie sa décision inattendue par le fait que Pékin n’a pas tenu à ses yeux deux engagements très importants : achats massifs de produits agricoles américains et coup d’arrêt aux ventes de fentanyl, un opiacé très puissant qui fait des ravages aux Etats-Unis. Une nouvelle session de discussions demeure néanmoins programmée le mois prochain à Washington. Selon les calculs du Fonds monétaire international (FMI), les droits de douane déjà appliqués retrancheront 0,2% à la croissance mondiale attendue en 2020.
«Ces 10% de tarifs supplémentaires vont directement atteindre le consommateur américain», avertit Gregori Volokhine. analyste chez Meeschaert Financial Services. «Les droits de douane imposés durant l’année écoulée n’ont pas fonctionné et rien ne prouve qu’une nouvelle hausse de taxes sur les entreprises et les consommateurs produira de nouveaux résultats», a de son côté estimé David French, vice-président de la National Retail Federation.
Cette annonce a brutalement fait chuter les marchés financiers. Les cours du pétrole ont plongé de 8% et la progression du dollar a été stoppée net, tandis que le rendement des obligations du Trésor à 10 ans a touché un creux de près de trois ans. L’indice S&P 500 a terminé en repli de 0,91%, tandis que le Nasdaq Composite a perdu 0,78%.
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