Donald Trump isole les Etats-Unis en quittant l’accord de Paris
Les appels à la raison de dernière minute n’auront pas suffi. Donald Trump a confirmé hier sa décision de retirer les Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat, conclu en décembre 2015 et signé par 194 autres pays. Le président américain a retrouvé ses intonations de campagne durant son discours, critiquant l’accord comme «une redistribution massive de la richesse des Etats-Unis à d’autres pays» et appelant à négocier un nouvel accord «sur des termes qui soient équitables pour les Etats-Unis, leurs entreprises, leurs salariés, leur population, leurs contribuables».
Cette proposition de revenir à la table des négociations a cependant peu de chances d’aboutir alors qu’il a fallu plusieurs années pour parvenir à un compromis global. Paris, Berlin et Rome ont ainsi regretté dans une déclaration commune la décision américaine, précisant qu’ils sont «convaincus que l’accord ne peut pas être renégocié». Les Etats de la Californie et de New York ont par ailleurs annoncé vouloir poursuivre leurs efforts pour combattre le changement climatique, et disposent d’un pouvoir réglementaire non négligeable pour y parvenir.
Plusieurs multinationales américaines ont également critiqué la décision du président. Elon Musk, le fondateur de Tesla, a précisé arrêter de conseiller l’administration. Jeff Immelt, à la tête de General Electric, a exprimé sa déception, écrivant que «l’industrie doit maintenant prendre la tête et ne plus dépendre du gouvernement» dans la lutte contre le changement climatique. Contactés par l’AFP, des porte-parole d’ExxonMobil et de Chevron ont réitéré leur soutien à l’accord.
Hier matin, 25 grandes entreprises avaient également plaidé en faveur de l’accord dans une lettre publiée dan les médias américains. «En étendant les marchés pour les technologies propres et innovantes, l’accord créera des emplois et de la croissance. Les entreprises américaines sont bien placées pour dominer ces marchés. Se retirer de l’accord limitera notre accès à ces marchés et pourrait nous exposer à des mesures de rétorsion.»
Là se situe peut-être le plus grand danger pour les Etats-Unis. Donald Trump étant déjà revenu sur les régulations environnementales déployées par son prédécesseur, cette sortie de l’accord est avant tout symbolique et risque de compliquer les négociations commerciales à l’avenir.
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