Dexia ramène ses coûts de portage à un niveau plus supportable en 2013
Fin 2012, Dexia a gagné le droit de liquider ses activités de manière ordonnée. En autorisant la recapitalisation de 5,5 milliards d’euros menée par la France et la Belgique, ainsi que des garanties publiques de 85 milliards d’euros sur la dette, la Commission européenne devrait lui permettre à l’avenir de dégonfler son bilan à un coût moins prohibitif que celui de l’année dernière. Car la banque franco-belge a encore accusé une lourde perte en 2012, de près de 2,9 milliards.
Les moins-values dégagées sur la vente de filiales en expliquent une bonne partie. Le groupe a cédé l’an dernier RBC Dexia, Denizbank, la BIL, Dexia AM et la Société de financement local (ex-Dexma) au prix d’une perte cumulée de 1,6 milliard d’euros. Surtout, la gestion de l’énorme bilan du groupe –ramené à 270 milliards d’euros après la vente de Dexma– se fait à marge négative. Les cessions de portefeuilles d’obligations et de prêts, à hauteur de 5,7 milliards, ont dégagé des taux de pertes respectifs de 2,5% et 5,5%. Quant aux garanties publiques, elles ont coûté 743 millions à Dexia, dont 200 millions de commissions de mise en place.
Karel de Boeck, nouveau directeur général du groupe, estime que les pertes seront divisées par trois en 2013. Le coût de portage du portefeuille va diminuer. Grâce au feu vert de Bruxelles, Dexia troque des garanties publiques temporaires, rémunérées à 85 points de base, contre des garanties définitives qui lui coûtent 5 pb. Celles-ci couvraient 31,2 milliards d’euros de dette à la date du 14 février. La banque a aussi cessé de tirer les lignes de liquidité d’urgence des banques centrales (ELA), très chères, pour porter de 32 à 50 milliards en un an son recours au guichet standard de la BCE.
Le retour à l’équilibre dépend des conditions macroéconomiques. Toute baisse de 10 pb des taux à 10 ans force Dexia à poster 1 milliard d’euros de collatéral, ce qui, financé au taux de l’ELA, engendrerait un surcoût de 135 millions sur 2013-2020, estime la banque. «La meilleure chose qui puisse nous arriver est une remontée des taux longs, pour réduire le collatéral que nous devons apporter, explique Karel de Boeck. Vous pouvez voir que les intérêts de Dexia et ceux de ses Etats garants ne sont pas alignés.» Et pour longtemps: en 2020, le bilan du groupe devrait encore atteindre 150 milliards d’euros.
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